La Gazette

des Comores

Un collectif crie son indignation à Mayotte

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Un collectif crie son indignation à Mayotte © : HZK-LGDC

Les médias français, qui nous avaient habitués à une certaine éthique et une liberté de ton, semblent privilégier le point de vue d’une partie des acteurs, celle de la propagande et de la désinformation héritée d’une époque coloniale que l’on croyait révolue. Pourtant, à Mayotte, et en France métropolitaine, tout le monde ne partage pas cette phobie du « clandestin délinquant ». Pour preuve des professeurs, des soignants, des avocats et des magistrats tentent de tirer la sonnette d’alarme sur les dangers de cette folle opération baptisée Wuambushu, et don l’unique cible désignée n’est autre le comorien venu des trois iles sœurs.


Ce samedi 22 avril, un collectif interprofessionnel composé d’enseignants, de soignants, d’avocats et de magistrats de Mayotte a publié un communiqué pour alerter sur les conséquences graves de cette opération militaire. Dans ce communiqué, le syndicat de la magistrature, le syndicat des avocats de France, la CGT éduc’action Mayotte, le collectif « Ra Hachiri pour nos élèves », le collectif des soignants engagés de Mayotte, l’association « JAM NEFPE » (jeunes à Mayotte nés en France de parents étrangers), « répètent leur inquiétude au sujet de cette opération ».

 

Ils dénoncent une « stratégie délibérée de désinformation de la population et des acteurs locaux par un exécutif qui s’apprête à déployer un dispositif d’envergure de nature militaire sur son territoire ». En effet, « Wuambushu » est appuyée idéologiquement par une importante propagande du gouvernement et des politiciens locaux qui justifie l’opération par toute une série d’arguments xénophobes et sécuritaires, mettant toute la situation sociale dramatique de l’Île sur le dos des jeunes immigrés, notamment Comoriens. Fidèle à la propagande coloniale utilisée par l’État français pour justifier ses opérations militaires, Darmanin a même récemment été jusqu’à invoquer le « péril islamiste » venu des Comores.

 

Mais cette opération violente ne fera que plonger davantage la population de l’île dans la précarité, mettant à la rue des milliers de familles et expulser des immigrés qui fuient la misère dont des lycéens qui doivent passer des épreuves du baccalauréat. Cela aggravera toujours plus la situation de l’Île où presque 80% de la population, mahoraise comprise, vit sous le seuil de pauvreté, sans résoudre les éléments structurels qui fondent la situation actuelle.

 

Dans ce cadre, ces enseignants, soignants, avocats et magistrats affirment leur volonté de pouvoir « poursuivre, dans ce contexte, la mise en œuvre des missions de service public qui nous incombent » et se mobilisent pour organiser « une campagne d’information par la diffusion d’affiches rappelant les droits des personnes visées par cette opération, qu’elles soient françaises ou étrangères », visant à « guider les populations les plus fragiles dans l’exercice de leurs droits, à l’heure où nombreux sont ceux qui les ignorent ».

 

 

 


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