Moumini Soilahoudine, ingénieur en informatique et en génie électrique, a été nommé directeur général de la Société nationale d’électricité des Comores (Sonelec) par décret présidentiel n° 25-010/PR du 5 février 2025. L’annonce a été faite ce jeudi 6 février lors d’une conférence de presse au secrétariat général du gouvernement, en présence du ministre de l’Énergie Aboubacar Said Anli et du secrétaire général adjoint du gouvernement Mahamoud Salim Hafi. À cette occasion, il a également été précisé qu’un conseil d’administration composé de huit personnes a été mis en place pour épauler le nouveau directeur.
Les conférenciers ont aussi annoncé l’arrivée de six groupes électrogènes prévue ce 12 février, dont l’achat est estimé à 4 milliards de francs comoriens. « Nous avons mis en place depuis un mois et demi une démarche inédite et transparente pour le recrutement des dirigeants des sociétés publiques, notamment la Sonelec. Pour la sélection du nouveau directeur général, 42 candidatures ont été reçues. Parmi celles-ci, 22 répondaient aux critères, et 6 candidats ont obtenu des scores supérieurs à 70%. Cette approche témoigne de la volonté du gouvernement de privilégier la compétence et la méritocratie pour une gouvernance moderne et efficace », a déclaré le ministre de l’Énergie, Aboubacar Saïd Anli. Il a ajouté que ces six candidats ont été convoqués à un entretien afin de présenter leur projet et leurs solutions pour améliorer la Sonelec. Parmi eux, trois ont été retenus, et c’est finalement Moumini Soilahoudine qui a été nommé directeur général. Ce dernier travaillera en collaboration avec un conseil d’administration de huit membres, chargé de l’épauler dans la résolution de la crise énergétique qui impacte lourdement l’économie du pays.
Selon le secrétaire général adjoint du gouvernement, Mahamoud Salim Hafi, ces nominations témoignent de l’engagement du gouvernement à privilégier la compétence et la méritocratie. « Le choix a été fait sur la base du mérite et des projets de redressement de la Sonelec proposés par les candidats », a affirmé celui qui avait postulé. Les conférenciers ont également abordé la crise énergétique qui affecte le pays, soulignant l’urgence de la situation à l’approche du mois de ramadan. Pour y remédier, le gouvernement a décidé d’acheter six groupes électrogènes afin de stabiliser l’approvisionnement en électricité. « Un premier appel d’offres a été lancé, mais l’entreprise sélectionnée, Henri Fraise Tananarive, a finalement renoncé, faute de garantie bancaire pour le démarrage des travaux. Le gouvernement a donc annulé le contrat. Un second appel d’offres est en cours, mais nous ne pouvons pas attendre davantage. Nous avons donc opté pour l’acquisition de six nouveaux groupes électrogènes pour un coût de plus de 4 milliards de francs comoriens. Leur livraison est prévue le 12 février au plus tard par Tec International. Avec le ramadan qui approche, nous devons apporter des solutions rapides », a justifié le ministre de l’Énergie.
Par ailleurs, il a évoqué le projet de mise en service d’une centrale géothermique de 15 mégawatts exploitant l’énergie du volcan Karthala d’ici 2028. L’objectif est de parvenir à une stabilisation énergétique d’ici fin 2026, en réduisant progressivement la dépendance au thermique, qui ne serait alors plus qu’une source de réserve. Il est à rappeler que l’achat de nouveaux groupes électrogènes n’est pas une première. Depuis plusieurs années, les autorités se contentent d’acquérir des équipements coûteux, sans parvenir à résoudre durablement la crise énergétique. Durant les quatre années de gestion de Djounaid (2021-2024), la société, avec un accord de crédit du gouvernement, avait déjà acheté 11 moteurs, sans compter les acquisitions réalisées par ses prédécesseurs. Pourtant, la Sonelec peine toujours à assurer un approvisionnement stable en électricité. Le principal problème réside dans l’entretien des équipements. À chaque acquisition de groupes électrogènes, des milliards de francs sont alloués à l’achat de pièces de rechange pour les révisions. Cependant, ces pièces n’arrivent jamais, aggravant la crise actuelle. Le nouveau directeur hérite ainsi d’une situation particulièrement difficile : en plus des 16 groupes électrogènes nécessitant des révisions, la société traîne une dette colossale de plus de 15 milliards de francs comoriens auprès de ses fournisseurs dont la SCH. Il ne reste plus qu’à espérer que Moumini Soilahoudine saura relever ce défi et amorcer un véritable redressement de la société.
Nassuf Ben Amad
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