Mishabou Abdou Ali est un ingénieur agro-alimentaire qui a ouvert une entreprise de production du farine à base de manioc à Hoani, il y'a près de 2 ans. Mais l'absence et la cherté des produits agricoles dans l'île notamment le manioc et la banane ont fortement impactée ses activités. L’entreprise avait fermé ses portes. Pour pouvoir la relancer, ce jeune ingénieur a préféré se lancer dans l'importation de manioc depuis Madagascar. Et ce, pendant que la terre dans l’île reste encore fertile et des jeunes traînent dans les rues.
Depuis sa plus tendre enfance, Misbahou Abdou Ali avait un penchant pour l'agriculture. Cet ingénieur agro-alimentaire qu’il est devenu était aussi le chef d'antenne régional de l'INRAPE (institut national de recherche pour l'agriculture, la pêche et l’environnement). Il a lancé une petite entreprise de production de farine à base de manioc depuis 2 ans. Cette farine made in Mohéli était commercialisée partout sur le territoire national, mais aussi à l’étranger notamment en France. « Pour assurer la continuité de l’activité, j'achetais la matière première sur place à Mohéli. J'avais des fournisseurs spécifiques un peu partout dans l’île. Tout allait à merveille » explique le jeune Misbahou.
Mais il y a quelques mois de cela l'entreprise a fermé ses portes et la farine de manioc ne se produit plus à cause de la pénurie des produits agricoles dans l'île. « Il est difficile de trouver du manioc actuellement. Ce produit est tellement sollicité que même mes fournisseurs sont aussi confrontés à un problème de vol et n'arrivent plus à me ravitailler » regrette-t-il. Le Fruit à pain, le manioc et tous les autres produits agricoles sont devenus chers au risque de ramener le coût de la farine locale à la hausse « alors que ce n’est pas mon objectif » dit-il.
Pour pouvoir relancer ses activités, Misbahou Abdou se tourne vers Madagascar pour importer du manioc. « J'ai déjà fait la commande j'attends juste l'arrivée du bateau » a-t-il annoncé. Cette décision n’est pas certes sans conséquences sur nos produits locaux en faveur des produits importés mais, pour ce jeune ingénieur, en matière du commerce tout est possible. « Il suffit seulement de minimiser les risques et maximiser les profits » avance-t-il.
Il faut noter aussi que ce jeune a également ouvert, en collaboration avec la mairie de Moimbao, une école agroalimentaire à Hoani, avec des tarifs d'apprentissage moins coûteux. Le but c'est d'apprendre aux jeunes le savoir faire en agroalimentaire. Une initiative qui vise à créer des emplois. Et en attendant, bon nombre de jeunes se disent être au chômage alors que la terre à Mohéli reste encore fertile.
Riwad
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