Des jeunes du village de Mbambani démentent avoir chassé de leur bourgade une famille pour avoir dénoncé l’agression sexuelle dont est victime un de leur fils, en portant plainte. Ces habitants du village en question envisagent de porter plainte contre l’avocat de la famille de la victime pour « propos diffamatoires ».
« Nous ne l'avons pas chassée de chez elle mais par mesure de sécurité, nous avons demandé le départ de son mari après avoir sali, lui et son avocat, l'image de notre village », avance Moussa Moindjie, membre de la délégation, à propos de la mère de la victime qui parait dans une vidéo, annonçant son expulsion du village dont elle est native, pour avoir dénoncé l’acte de pédophilie dont a été victime son fils de 12 ans. « Cette affaire est entre les mains de la justice donc nous n’avons pas à en faire toute une histoire. Nous allons laisser la justice faire son travail. Mais pourquoi un tel acharnement contre notre village ? », déclarent ceux qui ne sont pas sans savoir que l’opinion nationale est agitée à cause de cette affaire.
La délégation qui prétend représenter la localité de Mbambani annonce son intention de poursuivre en justice pour « diffamation » l’avocat de la famille de la victime, Me Djamal El-dine Bacar. « A Mbambani, il n'y pas une école coranique qui cautionne ce genre de chose, ni un réseau de pédophilie. Si la justice apporte des éléments que Patrick, le présumé violeur est mêlé dans une affaire de viol, nous allons prendre les mesures qui s’imposent à son encontre », déclare Ahmed Bacar, membre de la délégation.
Joint au téléphone, l’avocat mis en cause dit ne pas avoir des problèmes avec ledit village et attend de pied ferme la plainte. « Ils peuvent porter plainte bien sûr s'ils ont les éléments nécessaires. Cependant, je me pose énormément de questions sur ce sujet : pourquoi ont-ils une dent contre mon client qui n'a rien dit de mal à part demander justice pour son fils ? », s'interroge l’avocat, tout en montrant qu’il était choqué de voir des femmes faire appel à la justice divine à l’encontre de sa personne et des médias. Notons que le procureur général, lui, estime que la médiatisation des affaires judiciaires « n’arrange pas les choses » (lire notre édition du 27 octobre 2020). Une position susceptible de constituer de tremplin aux proches des pédophiles pour s’en prendre aux courageux qui osent dénoncer haut et fort ce fléau.
Andjouza Abouheir
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