La Gazette

des Comores

Une policière invente la disparition de sa fille

Une policière invente la disparition de sa fille © : HZK-LGDC

Une policière indélicate, connue des services judiciaires pour des faits d’escroquerie, a mis en scène la disparition de sa fille de 7 ans pour, dit-elle, tester son ex-mari qui la « malmène régulièrement ».


C’est une affaire peu ordinaire qui avait enflammé les réseaux sociaux et mobilisé la justice comorienne avant de s’avérer être de la pure supercherie. Nous sommes mardi 11 mai quand une maman annonce via Fcbk FM la disparition de sa fille de 7 ans depuis 3 jours. Le moment a été savamment choisi puisque l’émotion suscitée par le viol suivi d’assassinat de Faïna, 5 ans, dont le corps venait d’être retrouvé le week-end en état de décomposition avancé, était encore à son comble. Cette mère, une policière plusieurs fois suspendue pour « faute grave », prétend que sa fille Naiya est portée disparue depuis trois jours, soit depuis dimanche. Comme pour toucher le cœur des Comoriens, elle fait filmer des vêtements posés au seuil de la porte de la maison familiale, à Kavu-kaivo, au nord de Moroni. Ce sont les habits qu’avait portés sa fille, affirme-t-elle sans sourciller. Tout le monde est tenu en haleine. Personne ne peut s’empêcher de penser au pire.

 

Sans tambour ni trompette, la gendarmerie est plus que jamais mobilisée à la recherche de la petite Naiya. Au lendemain, elle a été retrouvée saine et sauve cachée chez une amie de sa maman au sud de Moroni. C’est sa propre mère qui a orchestré cette disparition selon les dires du 1er substitut du procureur de la République, en présence de la dame en question, lors d’un point presse ce mercredi 12 mai. Devant le magistrat, la mère de Naiya a expliqué avoir agi de la sorte « pour voir la réaction de son ex-mari », lequel « la maltraite régulièrement ». L’enfant « n’est ni violée ni torturée », affirme le parquetier. « Les bras m’en tombent d’apprendre que c’est sa propre mère qui a orchestré tout ça. Elle ne mesure pas son acte », s’emporte Najda Said Abdallah, la présidente de l’ONG Mwana Tsiwa Mdzima, qui œuvre pour la protection des enfants et de la femme.

 

Mme Nouria, la mère de Naiya, est une policière connue des services judiciaires pour des faits d’escroquerie. Elle a été à plusieurs reprises suspendue de ses fonctions pour « faute grave » mais n’a jamais été radiée selon nos informations. Contacté par nos soins, un responsable de la direction de la police affirme que la mise en cause n’a pas conservé son statut de policière. Et pourtant, selon toujours nos informations, si elle n’a plus des fonctions officielles, celle qui a servi au sein des services des renseignements continue en revanche à percevoir son salaire de base en tant que fonctionnaire. Contrairement à ce qu’avait annoncé le parquet, qui avait assuré placer la mise en cause en garde-à-vue, cette dernière a été relâchée dans la foulée du point presse et a la garde de sa fille.

 

Andjouza Abouheir

 


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