De l’appel à candidatures à l’injonction du régulateur, en passant par la menace de retrait de la plus grande caisse de l’île, le processus de recrutement du directeur général de l’Union des Sanduk de Mohéli s’est transformé en crise ouverte. Retour chronologique sur une séquence qui fragilise la confiance des épargnants.
Tout commence par un appel à candidatures pour pourvoir le poste stratégique de directeur général. Sept postulants se manifestent. Après examen des dossiers, trois sont éliminés et deux ne se présentent pas à l’entretien. Deux candidats restent donc en lice. À l’issue de l’évaluation des dossiers, l’un d’eux obtient la meilleure moyenne. Mais lors de l’entretien, son concurrent le devance légèrement. Le processus suit son cours jusqu’à l’étape de l’enquête de moralité. C’est là que les premières tensions apparaissent : la commission aurait choisi de privilégier la seule note de l’entretien pour départager les finalistes. Une décision contestée en interne.
Coup de théâtre : le candidat arrivé en tête se désiste pour des raisons personnelles. Logiquement, le second devait être retenu. Pourtant, l’idée de relancer entièrement le recrutement émerge. Cette perspective provoque la colère de certains administrateurs, notamment au sein de Sanduk Dewa, la plus importante structure du réseau insulaire. Réuni en urgence le 25 février, le conseil d’administration de Sanduk Dewa suspend ses opérations avec l’Union et brandit la menace d’un retrait pur et simple. Un geste lourd de conséquences, compte tenu de son poids financier dans le fonctionnement global de l’institution. Le 27 février 2026, la crise prend une tournure nationale. Dans un courrier officiel, la Banque Centrale des Comores rappelle à l’ordre l’Union des Sanduk de Mohéli-Fomboni.
Le régulateur constate qu’aucun dossier d’agrément ne lui a été transmis et enjoint formellement les responsables de soumettre, avant le 5 mars, le dossier du candidat classé deuxième. Il exclut toute validation d’une reprise du processus. Au lendemain de cette mise en demeure, le président du conseil d’administration convoque en urgence une assemblée générale extraordinaire, initialement prévue le 2 mars puis reportée à ce mardi 3 mars à Fomboni. Tous les présidents de Sanduk, leurs administrateurs, ainsi que l’équipe de direction, sont appelés à y participer pour « analyser la situation et la conduite à tenir ». Derrière les débats juridiques et procéduraux, un enjeu central demeure : la stabilité du réseau et la confiance des déposants. Car « dans une institution financière, la crédibilité ne se décrète pas, elle se construit par le respect des règles et la cohérence des décisions.
Riwad
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