La Gazette

des Comores

Université : Les enseignants contractuels menacent de battre le pavé

Université : Les enseignants contractuels menacent de battre le pavé © : HZK-LGDC

Après plusieurs discussions vaines avec le ministère de l’Éducation et l’administration de l’université des Comores, le collectif des enseignants contractuels de l’université des Comores a décidé de tenir une manifestation dans deux semaines, si d’ici là rien n’a changé. Ils revendiquent leur titularisation.


C’est une lutte que les enseignants contractuels, dont une trentaine de docteurs aujourd’hui, mènent depuis 2012. Ils attendent leur reconnaissance en tant qu’enseignants - chercheurs, en vain. Plusieurs discussions à ce sujet ont été faites avec le ministère de tutelle afin de trouver une solution mais leur situation ne s’améliore guère. Il faut dire que l’île de Ngazidja est mieux lotie qu’Anjouan où la situation est presque « humiliante » selon celles et ceux qui la vivent. En effet, Selon le docteur Abderemane Soilihi Djae, enseignant-chercheur à Patsy, le partage des matières se fait dans un système de copinage.

 

« La situation est grave. Ceux qui ont un statut de fonctionnaires sont les premiers à se voir confier les matières. Quant aux autres contractuels, rien ne leur garantit le renouvellement du contrat une fois arrivé à terme, vu que le favoritisme appliqué au sein de l’université  constitue une source de marginalisation de certains docteurs contractuels au profit des nouveaux venus, titulaires d’un master…». Notre interlocuteur rajoute : « Des fois, on nous oblige à mettre des notes à des étudiants et l’on ne peut rien dire car nous n’avons pas de statut. On ne nous considère pas », déplore-t-il.

 

Les enseignants contractuels ont discuté avec le nouveau ministre de l’Éducation Djanffar Salim Allaoui pour leur situation mais ce dernier a, pour l’instant, d’autres chats à fouetter, à savoir les examens nationaux. « Nous ne pouvons pas attendre. Car c’est notre avenir qui est en jeu. Nous avons des bouches à nourrir et la situation n’a que trop duré. Nous devons agir, nous demandons donc au gouvernement de faire quelque chose pour notre situation. Cela fait 5 années de suite que l’Université n’a pas lancé un appel à candidature pour recruter. Jusqu’à quand nous devons rester ainsi ? », s’interroge docteur Youssouf Said. Pour rappel, l’administration de l’UDC est réticente à l’idée de recruter, à cause d’une incidence budgétaire de 20 millions KMF par an que cela va engendrer.

 

Andjouza Abouheir

 


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