« Mes enfants méritent une bonne éducation ». Vendeuse de bananes et de manioc au petit marché de Moroni alors que son mari, lui, travaille au port, Nouria Mzembaba ne reculera devant aucune tempête quand il s’agit de l’avenir de sa famille. La dépendance totale à son mari, elle déteste ça. Elle, elle aime parler d’ « entraide ».
Elles sont nombreuses ces femmes qui se battent jour et nuit, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il tonne, pour subvenir aux besoins de leurs familles. Au marché de Moroni, nous avons rencontré Nouria Mzembaba. La quarantaine, originaire de Tsorale dans la région de Dimani, à l’est de Ngazidja, qui s’adonne corps et âme pour l'éducation de ses enfants. « Un bon jour, je me suis réveillée en me disant : Je n'ai pas fait des études mais mes enfants, eux, méritent une bonne éducation », s’enthousiasme-t-elle.
« J'ai 5 enfants. L’aînée a 23 ans, elle va refaire son baccalauréat cette année. Tous étudient dans des écoles privées, notamment Brun Trust », concède celle qui parvient à faire face à toutes ces charges grâce à l’aide précieuse de son mari qui travaille au port de Moroni. Mme Nouria ne détient pas un commerce d’envergure. Elle est détaillante de condiments, banane, manioc…un peu de tout, car même des litchis selon la saison. Elle n’a pas non plus des terrains dans lesquels elle se fournit. Ses fournisseurs sont les grossistes qui sont au marché.
Mm Nouria s’y rend chaque matin, à l’heure où chante le coq, pour acheter ces produits. Des fois, comme dans chaque affaire, ils se coulent comme des petits pains, des fois ils pourrissent. N’en déplaise, rien ne semble pouvoir l’arrêter. Déterminée à faire face ç toutes épreuve pour vivre dignement. « Tous ce que je fais, c’est pour qu'un jour mes enfants se rendent compte combien la vie est difficile et que malgré tout on peut transcender ces difficultés », réitère celle qui croit dur comme fer que la femme ne doit pas dépendre entièrement de son mari. C’était à l’occasion de la journée internationale de la femme que nous avons rencontré cette dame qui refuse que le fatalisme ait raison de sa vie.
Andjouza Abouheir
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