Le gouvernement en partenariat avec le PNM et l'ADSEI d'Itsamia avaient lancé en 2015 une large campagne de protection de la tortue marine dont l'objectif était « Zéro braconnage d’ici 2025 », mais compte tenu des résultats sur le terrain, la bataille est loin d'être gagnée puisque le braconnage des tortues a pris une ampleur considérable à Mohéli. Les autorités vont procéder à l'application stricte du code de l'environnement pour lutter contre ce fléau.
Les responsables du PNM (parc national de Mohéli), la gendarmerie nationale, la force comorienne de la défense (FCD) et la direction régionale de l’environnement, se sont rencontrés jeudi dernier à la coordination de l’action gouvernementale à Mohéli. C’était pour le renforcement de la surveillance pour la protection des tortues marines. Pour ces responsables il est impératif de chercher les voies et moyens de lutter contre le braconnage des tortues marines. De ce fait, des mesures strictes s'imposent contre toute personne qui ira à l'encontre de la loi cadre sur la protection de l'environnement.
« Malgré les nombreuses sensibilisations faites par la gendarmerie nationale en collaboration avec le PNM, à l'endroit des communautés, la dégradation de la biodiversité marine et terrestre ne cesse de s'accentuer. On s'est mis d'accord d'appliquer strictement le code de l'environnement notamment la loi relative à la protection des tortues marines aux Comores » prévient Cheikdine Saïd chargé de l'éducation environnementale au PNM.
La tortue marine est une espèce exceptionnelle de la faune marine. Elle représente non seulement un emblème ancestral (le plus vieux reptile au monde), mais également une valeur écologique. « La tortue marine est nécessaire au bon fonctionnement de la faune marine, car elle se nourrit de champignons, d’algues et de méduses qui sont toxiques pour les poissons qui peuvent devenir à leur tour toxiques pour l’homme » explique-t-on.
La tortue marine est parmi les espèces animales les plus menacées d’extinction dans le monde. Sur 7 espèces reconnues, 6 sont classées selon l'union Internationale de la conservation de la nature (UICN) dans les catégories "Vulnérable", "En danger" ou "En danger critique". Aux Comores notamment à Mohéli, 45 plages sont reconnues officiellement par le PNM comme des sites hautement stratégiques pour la ponte des tortues dont la population est estimée à 5000 femelles reproductrices par an. A l’échelle internationale, les tortues marines sont prises en compte dans plusieurs conventions. Parmi lesquelles la convention sur le commerce international des espèces menacées signé à Washington en 1973. Puis il y a la convention de Bonn sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage, signée en 1979. « J'appelle toute la population mohelienne et tous les acteurs du développement à conjuguer nos efforts afin de conserver, sauvegarder et valoriser la tortue marine. Car protéger les ressources naturelles, c'est protéger nos propres vies » lance Cheikdine Saïd.
Riwad
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC