La Gazette

des Comores

Vie chère : Les commerçants rejoignent Mabedja

Vie chère : Les commerçants rejoignent Mabedja © : HZK-LGDC

Les commerçants apportent leur soutien au mouvement citoyen Mabedja qui lutte contre la vie chère et pour les droits du peuple comorien car, ont-ils constaté, « la situation aux Comores est devenue très préoccupante pour les consommateurs mais aussi pour les commerçants ».


Ils sont eux aussi concernés et refusent de rester indifférents. Les commerçants disent « soutenir avec fierté l’initiative de la marche pacifique du mouvement Mabedja ». Le mouvement citoyen issu de la diaspora a en effet appelé à une marche pacifique à Moroni les 3, 4 et 5 septembre prochains à Moroni, et ce après un rassemblement populaire réussi à Iconi le vendredi 27 aout dernier. « Nous, syndicat national des commençants, observons attentivement les évènements de lutte contre la vie chère. Nous ne pouvons pas rester inaudibles à cet élan », fait savoir le Synaco dans un communiqué publié hier 30 août, dont l’authenticité est vérifiée par La Gazette des Comores. En janvier 2020, le Synaco avait organisé une grève de 72h contre les tarifs douaniers jugés exorbitants.

 

Rappelons que deux membres de Mabedja, venus de France pour mener une lutte citoyenne aux côtés du peuple, sont placés sous mandat de dépôt à la prison de Moroni depuis le jeudi 26 août, à la veille du rassemblement populaire d’Iconi. Ils sont inculpés pour « association de malfaiteurs, troubles à l’ordre public et déstabilisation ». Dans un communiqué publié par le mouvement affirme que « des agents de la dictature sont en train de disséminer dans la ville de Moroni des armes destinées à être découvertes par les enquêteurs. Ces derniers vont ensuite les présenter comme étant des éléments de preuve des accusations mensongères portées contre Farhane et Chamoun ».

 

« Dis-Moi », une organisation régionale dans le sud-ouest de l’océan indien qui milite pour le respect des droits humains a également publié un communiqué hier pour demander « la libération immédiate et sans condition » des deux mis en cause. « Tous les militants de Dis-Moi vivant dans les pays de l’océan indien feront campagne à cet effet et suivront de près l’évolution de la situation ».

 

De nombreux observateurs de la vie politique comorienne ne peuvent que constater que malgré tous les signaux d’un réel malaise social perceptibles depuis plusieurs mois, le pouvoir fait le dos rond, au lieu d’engager un véritable dialogue politique et social, dans un cadre apaisé et sans provocation policière ni harcèlement judiciaire. Seule alternative sérieuse pour désamorcer cette crise profonde qui gagne chaque jour de larges couches de la société. Une jeunesse désœuvrée, un secteur privé qui s’appauvrit, un tissu économique non productif et des coûts de plus en plus exorbitants d’approvisionnement du pays…. Voilà qui devrait faire réfléchir nos gouvernants, loin des discours utopiques et d’autosatisfaction.       

 

Andjouza Abouheir

 

 

 

 

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.