Les organisations de la société civile qui luttent contre les agressions et viols faits aux femmes et aux enfants ont convié leurs partenaires dans un débat pour mettre l’accent sur ce fléau qui prend de plus en plus d’ampleur dans le pays. A la tête de ce mouvement, Rahamatou Goulam Ali Mohamed, présidente de l’ONG Hifadhu estime que l’heure devient propice et qu’ensemble, une solution doit être trouvée.
Présidente de l’ONG Hifadhu, madame Rahamatou Goulam Ali Mohamed a réuni les associations qui luttent contre les agressions et violences faites contre les enfants et les femmes et les partenaires. Au cours de ce débat qui a duré 2 heures, les acteurs de ce combat ont parlé des solutions à y apporter et les causes de ces violences et agressions. Dans son mot de bienvenue, Rahamatou Goulam Ali Mohamed fait une comparaison entre la pandémie de la Covid-19 et ce fléau qui selon elle « gagne du terrain malgré les efforts de la société ».
Des banderoles appelant à la défense des femmes et des enfants, d’autres appelant à l’application des lois ou encore le changement de mentalités, ont été brandies dans la salle où plusieurs membres été présents pour évoquer ce fléau et répondre aux exigences. Réaffirmant que la volonté politique y est annoncée, la présidente de l’ONG Hifadhu est consciente qu’il manque la mise en pratique. « Nous relevons près de 5 cas de viol et d’agression par jour », regrette Elarif Minihadji, président de l’ONG Subuti Wambé. Ce dernier considère que « aucun développement n’est possible sans la protection des enfants ».
Courageuse, la responsable du service d’écoute d’Anjouan, Fatima Bacar s’est exprimée avec émotion. Cette dernière appelant à la vigilance, exige la présence d’un psychologue à Anjouan pour accompagner ces enfants victimes de viol et d’agression. « Nous devons faire confiance à la justice et surtout ne pas céder aux appels à la violence faits dans les réseaux sociaux », précise Fatima Bacar car selon elle, « ces agressions et viols faits aux femmes et aux enfants peuvent ne rien représenter auprès des familles ».
Indexant les parents, la présidente de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés (CNDHL), Sittou Raghadat Mohamed parle d’une pandémie, d’un fléau. Selon elle, les donnes doivent changer de nos jours. « C’est quelque chose qui perdure et on se doit de vite réagir », rappelle-t-elle. Ferme, Sittou Raghadat Mohamed précise que ce sont les parents qui sont « les premiers responsables ». « Un ou une mineur est sous la responsabilité des parents et pourtant certains ont démissionné de leur devoir », regrette-t-elle.
La patronne de la CNDHL appelle à plus de sensibilisation et d’implication des parents car selon elle, « rien ne peut être faite qui soit secret » de nos jours. Regrettant que de nos jours les cas de viols et agressions soient de plus en plus nombreux, Sittou Raghadat se souvient que « que dans le passé, il y avait des viols mais c’était tabou alors qu’aujourd’hui avec l’avènement des médias, les choses ont changé et on ne peut que pousser un grand ouf de soulagement car grâce à eux, nous pouvons facilement comptabiliser le nombre de cas et aussi identifier les violeurs ».
Selon elle, l’heure est au bilan car « rien n’est point possible sans l’implication des parents ». Pour cette ancienne ministre, l’implication des familles et des parents dans ce combat est plus qu’indispensable surtout que de nos jours « il faut rappeler que les mariages précoces est une sorte de viol accepté ». « Ces genres de mariages détruisent l’innocence des jeunes car ils sont agressifs », conclut Sittou Raghadat Mohamed.
A.O Yazid
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