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des Comores

Viol et assassinat d’Echa, 11 ans : Coup de couteau dans le vagin et nuque brisée

Viol et assassinat d’Echa, 11 ans : Coup de couteau dans le vagin et nuque brisée © : HZK-LGDC

Le corps de la jeune fille a été retrouvé dans une citerne près de chez elle, dans une maison inachevée où elle lavait ses vêtements dans l’après-midi du jeudi, juste avant d’être portée disparue. Trois personnes dont le principal suspect, un quadragénaire proche de la famille, sont en garde à vue.


Un crime sordide. Vendredi 16 janvier, le corps d’une jeune fille est retrouvé dans une citerne d’une maison inachevée située juste devant le foyer familial, au sud de Moroni. Il s’agit du corps d’Echa Binti Youssouf, 11 ans et 10 mois, portée disparue depuis la veille vers 17h. On n’aurait peut-être plus parlé de viol et encore moins d’assassinat n’eut été la sagesse dont a fait preuve la dame chargée du lavage mortuaire. En effet, quand le corps est conduit à la mosquée qui jouxte les cimetières de Nazico, sur les hauteurs de Moroni, une heure après la découverte macabre, la tombe était prête ou presque. Mais lors de la séance de toilette mortuaire, la spécialiste a remarqué des lacérations sur le corps, y compris dans les endroits intimes de la jeune fille. Loin d’être dupe, elle a refusé de continuer avant qu’elle ne soit examinée par un médecin. Sa sagesse a payé puisque selon des sources proches de l’affaire, les médecins du Service de santé militaire dépêchés sur place ont confirmé qu’il y a eu bel et bien viol suivi d’assassinat.

D’après des témoins oculaires proches de la victime, un objet contondant, probablement un couteau, a été enfoncé dans le vagin de la petite fille. Un acte sordide que le bourreau aurait commis après avoir abusé sexuellement de sa victime. Une blessure sévère a été découverte à l’arrière de la tête. La lèvre inférieure aussi comportait une lésion. La nuque, quant à elle, a été brisée.  

Echa, une élève de 6e a été portée disparue depuis le jeudi 15 février dans l’après-midi. La maison dans laquelle elle lavait ses vêtements est située devant le foyer familial. C’est en dur dont la toiture n’est pas encore faite. Sa famille a vérifié dans la citerne de ladite maison au cas où elle y serait tombée, aucune trace d’elle. Le matin, elles ont repris les recherches entre 5h et 6h, et n’ont rien vu non plus. C’est vers 8h que le corps sera découvert, miraculeusement dans la même citerne. Il était en position ventrale, les bras ballants, les pieds sous l’eau. « Elle saignait de la tête et du nez », se souvient encore Asma, une de ses grandes sœurs. Notre interlocutrice est sûre et certaine d’une chose : sa petite sœur n’est pas morte noyée car non seulement la famille l’aurait retrouvée après les multiples vérifications effectuées, mais aussi et surtout « son ventre devait être gonflé » alors que ce n’était pas le cas. Tout porte à croire, donc, qu’il s’agit d’une tentative de camouflage d’un meurtre.

La maison inachevée à l’intérieur de laquelle se trouvait Echa comporte quatre pièces fouillées de fond en comble par ses proches. Elle comporte également une cour. Celle-ci est entièrement envahie par des broussailles. A certains endroits, la végétation est touffue avec des herbes hautes, à tel point que l’on pourrait facilement dissimuler des objets de grande taille, comme un réfrigérateur. Sur le sol, samedi matin du moins, l’on remarque des plantes fraichement froissées. Elles forment comme une bande piétinée jusqu’au fin fond de la cour, laquelle n’a pas été explorée pendant les recherches du corps. Si c’est ici-même que l’horreur a eu lieu, qui en serait l’auteur ? Une heure avant la découverte du corps, un homme, un quadragénaire prénommé Abdallah, proche de la famille, est aperçu près de la maison inachevée. C’est un membre de la famille de la victime qui ne se doutait de rien encore, qui l’a vu. Ce qui est sûr, il n’habite pas dans les environs.

Le corps est découvert une heure après l’apparition d’Abdallah sur la scène de crime. Celui-ci s’est pointé à la maison, auprès de la famille désormais endeuillée. Selon nos informations, personne au sein de la famille ne l’avait contacté ce matin-là, encore moins au sujet du décès. Au fil des minutes qui s’écoulent, son comportement se révèle de plus en plus suspect. Il a pesé de tout son poids pour empêcher que le corps d’Echa ne soit transféré à l’hôpital. Son argument ? « Des dépenses inutiles pour une personne déjà morte ». Il a réussi à convaincre la famille. « Il nous a aussi déconseillé de faire venir le Cosep (les pompiers, Ndlr) », nous confie-t-on. Ensuite, visiblement trop pressé, c’est aussi lui qui a contacté les responsables des cimetières pour préparer la tombe. Aussitôt les gendarmes et les médecins arrivés à la mosquée où avait lieu le lavage du corps qui précède la prière et l’enterrement, « Abdallah a disparu », « Il est allé se cacher dans les bois », affirment des proches de la victime, présents. Il ne réapparaitra qu’une fois les hommes en treillis repartis. Ce qui a mis la puce à l’oreille à un cousin d’Echa. Il l’a saisi et conduit à la gendarmerie. Il est en garde à vue. Le père de la victime, lui, est relaché dimanche après-midi. A ce stade, nous n'avons pas d'informations sur la troisième personne arretée, un voisin.

Andjouza Abouheir et Toufé Maecha


 

 


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