La Gazette

des Comores

Viol et meurtre d’Echa, 11 ans : L’alibi en béton du suspect numéro 1

Viol et meurtre d’Echa, 11 ans :  L’alibi en béton du suspect numéro 1 © : HZK-LGDC

Ni sa présence sur la scène de crime une heure avant la découverte du corps, ni le comportement louche qu’il a manifesté après, n’auront pas permis aux gendarmes de faire avancer l’enquête, d’autant qu’il affirme avoir été en dehors de Moroni avec le père de la victime quand la disparition de la petite Echa a été signalée tard dans l’après-midi du jeudi 15 février.


L’on n’aurait peut-être jamais parlé de viol suivi de meurtre n’eut été la sagesse de la laveuse mortuaire qui a exigé l’examen du corps par un médecin pour confirmer ses doutes, mais l’on pourrait peut-être ne jamais connaître l’auteur de ces crimes. Entre les mains des enquêteurs de la gendarmerie du vendredi 16 au lundi 19 février, Abdallah, le principal suspect dont nous tairons volontairement le nom complet, paraissait ne plus avoir d’échappatoire tant son comportement après la découverte du corps sans vie de la fille de son ami, était louche et devait avoir le mérite de le trahir. Mais c’est sans compter qu’il est parvenu à se trouver un alibi en béton lors des interrogatoires qu’il a subies dans les locaux de la gendarmerie à Moroni. En effet, selon une source proche de l’enquête, le mis en cause a déclaré aux limiers que le jour de la disparition de la jeune fille de 11 ans, le jeudi 15 janvier, il se trouvait en dehors de Moroni, plus précisément à Batou dans la région de Hamahamet avec…le père de la victime qui est son ami. Difficile pour les enquêteurs de le contredire, surtout que ces affirmations sont approuvées par le père d’Echa, lui aussi en garde à vue entre le samedi 17 et le dimanche 18 février.

 

Jeudi matin, Abdallah a été aperçu sur la scène de crime peu avant que le corps ne soit retrouvé. Après la découverte dans une citerne pourtant fouillée et refouillée par la famille, y compris ce matin-là, il s’est présenté chez son collègue récupérateur de métaux comme lui et s’est mis à déconseiller à la famille de ne ni transférer le corps à l’hôpital, ni appeler les pompiers. Il ne tolérait que les étapes incontournables précédant l’enterrement : le lavage du corps et la prière. Bien mal lui en a pris, des médecins examineront le corps. Echa est violée puis tuée. « Nous sommes convaincus qu’il y est pour quelque chose. Malheureusement nos seuls doutes ne peuvent pas faire de lui un coupable. Il nous faut des preuves alors que nous n’en disposons pas pour l’instant », concède non sans amertume notre source proche de l’enquête.  C’est surtout son alibi confirmé par le père de la victime qui semble l’avoir sauvé. « Oui j’étais avec lui depuis 11h. On était à Batou (dans le Hamahamet). On n’est rentrés à Moroni que vers 19h. En arrivant chez moi où l’on m’a annoncé que ma fille était portée disparue, lui n’était pas encore arrivé chez lui. Il était sur le chemin du retour. J’en suis certain », affirme le père de famille, dont l’émotion pendant notre entretien d’une trentaine de minutes, hier matin à son domicile, était difficilement palpable.

 

Comme si de rien n’était, il ne compte pas prendre ses distances avec celui qui est suspecté d’avoir retiré la vie à sa fille. « Il n’y a rien qui prouve qu’il est coupable. Si l’occasion se présente, je ferai affaire avec lui », dit-il sans sourciller. Des nouveaux éléments viennent conforter l’intuition des enquêteurs qui craignent en effet que le père de la victime « protège » son ami. A la question de savoir depuis combien de temps ils se connaissent, il a dans un premier temps affirmé que cela fait « plus de 10 ans », avant de se rétracter au fur et à mesure de la discussion : « Cela fait une semaine qu’on se connait ». Mais ce n’est pas tout. Interrogée par une journaliste, une de ses filles a affirmé que les deux hommes se connaissent « bien » et qu’ils ont eu à « voyager ensemble à Dar es Salam ». Le père de la victime lui, jure par tous les saints n’avoir jamais fait ce voyage. Une autre sœur de la victime se souvient que mercredi 14 février, soit à la veille de la disparition, l’ami de leur père était allé à la maison où « il était seul avec Echa pendant un petit moment ». « J’ignore s’ils se sont parlé », dit-elle. Lui aurait-il demandé de l’attendre le lendemain soir dans la maison inachevée d’en face, où le corps sans vie sera découvert vendredi matin ? « Ce qui est sûr, quand nous étions à Hamahamet, il n’était pas pressé de rentrer à Moroni », assure le père de famille. Les trois personnes qui étaient suspectée dans cette affaire sont toutes relâchées. N’empêche, derrière chaque crime, il y a au moins un criminel. Reste à identifier celui qui a violé et tué la petite Echa Binti Youssouf.

 

Andjouza Abouheir et Toufé Maecha

 

 

 


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