Ayant profité d’une autorisation d’hospitalisation pour rejoindre les siens, le banquier Mohamed Moussa Moudjahid, inculpé pour viol sur une mineure de 15 ans, a été arrêté mardi soir par la gendarmerie dans son village de Mboudadjou.
Mardi soir, le procureur de la République de Moroni, Mohamed Djounaidi, a ordonné l’arrestation de Mohamed Moussa Moudjahid, suspecté d’avoir violé une mineure de 15 ans dans son bureau à la Banque de développement des Comores (BDC). Il réintègre la prison de Moroni où il a été placé en détention préventive depuis avril dernier. « Il avait été autorisé par le juge d’instruction à se rendre à l’hôpital. Mais il n’a jamais été libéré », assure le procureur de la République, interrogé par La Gazette des Comores. Alors que le juge d’instruction avait émis une ordonnance de mise en liberté conditionnelle, le parquetier fait savoir en avoir fait appel dans la foulée.
« Immédiatement après l’ordonnance de mise en liberté du juge d’instruction, j’ai i fait appel lequel j’ai motivé par la gravité des faits reprochés [à Mohamed Moussa Moudjahid] », poursuit Mohamed Djounaidi qui dit attendre que la Chambre d’accusation de la Cour d’appel statue sur l’appel qu’il a interjeté et qui, soit dit en passant, a suspendu de facto l’ordonnance de mise en liberté émise dans des conditions encore floues par le juge d’instruction. En principe, le mis en cause devait retourner en prison après ses soins médicaux, mais il en a décidé autrement. « Aussitôt que j’ai appris qu’il n’était ni à l’hôpital ni en prison, j’ai saisi la gendarmerie pour procéder à son arrestation. Les gendarmes se sont rendus d’abord à Oussivo, chez sa femme. Quand ils ne l’ont pas trouvé là-bas, je leur ai dit d’aller à Mboudadjouw. Ils l’ont trouvé, arrêté et réintégré à la maison d’arrêt ».
Ex responsable de la banque mobile Holo de la BDC, Mohamed Moussa Moudjahid est accusé d’avoir abusé sexuellement d’une mineure de 15 ans dont il avait ascendant jusqu’au moment des faits, déroulés dans son bureau de ladite banque. Quand la famille de la victime a déposé plainte le 17 avril, M.Moidjahidi a tenté de prendre la fuite. Il s’était dirigé plutôt vers le sud de la Grande-comore, probablement pour tenter de rejoindre les autres îles. Mal lui en a pris, son projet est mis en échec par la forte mobilisation des autorités. Il a fini par se rendre à l’évidence. Il s’est rendu à la gendarmerie de Moroni deux jours plus tard, avant d’être inculpé et placé en détention provisoire par le juge d’instruction.
Le week-end dernier, des médias au premier rang desquels La Gazette des Comores ont révélé que le mis en cause vaquait tranquillement à ses affaires entre ses domiciles d’Oussivo dans le Hamanvou, et Mboudadjouw dans le Bambao, alors qu’il devait retourner en prison après son séjour hospitalier. Ces informations sont parvenues aux oreilles du procureur de la République de Moroni qui a immédiatement mis les bouchées doubles pour faire respecter le droit. Ce triste épisode a eu le mérite de révéler, si besoin était, le laxisme de certains magistrats impliqués dans ce dossier.
Andjouza Abouheir
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