Accusé d’avoir violé une mineure de 15 ans, le banquier Mohamed Moussa Moudjahidi sera jugé devant la cour d’assises, a tranché la chambre de mise en accusation de la Cour d’appel. Il est placé en détention depuis le mois d’avril.
C’était attendu, c’est désormais officiel : Mohamed Moussa Moudjahidi sera jugé devant la cour d’assises pour « agression sexuelle » sur une mineure de 15 ans. Ainsi en a décidé la chambre d’accusation de la cour d’assises de Moroni, en début de semaine. Ancien cadre de la Banque de Développement des Comores, la BDC, Mohamed Moussa Moudjahidi est accusé d’avoir violé une mineure de 15 ans sur qui il avait l’ascendant au moment des faits, entre février et mars 2024 dans son bureau à la BDC. Alors qu’il était son tuteur à l’école, un établissement privé qui a pignon sur rue à Moroni, le mis en cause avait tenté de prendre la fuite aussitôt avoir appris le dépôt de la plainte par la victime et sa mère à la gendarmerie de Moroni, le 17 avril. Il a fini par se rendre deux jours plus tard, la gendarmerie et les médias ne lui ayant pas donné une chance de quitter incognito l’île de Ngazidja.
Malgré la durée de l’enquête et des éléments qui corroborent, son avocat soutient mordicus que le désormais ex banquier est innocent. « Le parquet estime que les charges sont peut-être suffisantes pour que le dossier soit transmis devant les Assises. C'est son point de vue par contre de notre côté, on est convaincu que l'infraction n'est pas constituée et on ira défendre bec et ongles la relaxe », soutien Me Djamal El-dine Bacar, tandis que son confrère Me Abdillah Mmadi Said, avocat de la victime, se veut rassuré : « Nous disposons de tout ce qu'il faut. Ce qui reste maintenant, c'est d'évaluer le préjudice subi ».
Dès le début, Mohamed Moussa Moudjahidi tente de nier ce dont il est reproché. Mais ses tentatives de fuite et sa réputation dans sa localité entre autres, ont trahi sa stratégie. Il y a deux mois, il avait profité d’une autorisation d’hospitalisation pour se rendre non à l’hôpital, mais…auprès des siens. Selon nos informations, un magistrat de la cour d’appel a joué un rôle de facilitateur. Aussitôt informé par voie de presse, le procureur de la République Mohamed Djounaidi a ordonné les gendarmes de partir à sa recherche. Il a été arrêté dans son village de Mboudadjouw et a réintégré la prison de Moroni. Dans la foulée de son audition par la chambre d’accusation en début de semaine, il a été aperçu dans une 4x4 noire devant l’école de sa victime, avant de rejoindre la maison d’arrêt.
Soulignons que dans un rapport que nous avons pu consulter, une des psychologues qui suit la victime révèle que le discours de sa patiente de 15 ans fait état « d’idéations suicidaires ». Le rapport va encore loin en révélant que l’élève de 2nde « a pu exprimer des difficultés à se concentrer à l'école, ainsi qu'une peur de s'y rendre ». La raison de cette peur est que des proches du violeur présumé sont scolarisés dans le même établissement. « Ils seraient perçus comme des menaces », d'autant plus que la victime aurait le même âge qu’un d’eux. « À ces comportements d'évitement, s'ajoute un comportement de fuite et d'isolement social. Non seulement [la victime] exprime le besoin de se soustraire aux regards des autres, mais aussi aux rappels constants des événements vécus », poursuit le rapport.
En se présentant devant l’établissement de sa victime, Mohamed Moussa Moudjahidi voulait-il tenter de la déstabiliser ? Force est de se demander, vu ces privilèges qu’il obtient au gré de ses relations et au mépris de la loi, s’il sera présent à son procès dont la date reste encore à déterminer, ou s’il aura réussi à quitter le pays.
Andjouza Abouheir
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