La Gazette

des Comores

Viol sur une mineure de 15 ans : Une crise suicidaire détectée chez la victime

Viol sur une mineure de 15 ans : Une crise suicidaire détectée chez la victime © : HZK-LGDC

Dans un rapport que nous avons pu consulter, une des psychologues qui suit la victime révèle que le discours de sa patiente de 15 ans fait état « d’idéations suicidaires ».


L’on savait que chaque victime de viol est moralement affectée, mais l’on était loin de s’imaginer que cette jeune fille de 15 ans abusée par l’ex directeur général adjoint de la Banque de développement des Comores (BDC) allait avoir des idées suicidaires. En effet, selon un rapport de sa psychologue que nous avons pu consulter, la victime fait état « d’idéations suicidaires » dans ses discours, et pour cause : « Les sentiments de honte et de culpabilité sont très présents dans le discours de [xxx], associé à une faible estime de soi et une dévalorisation constante », constate la spécialiste de la psychologie.

 

Le rapport va encore loin en révélant que l’élève de 2nd « a pu exprimer des difficultés à se concentrer à l'école, ainsi qu'une peur de s'y rendre ». La raison de cette peur est que des proches du violeur présumé sont scolarisés dans le même établissement. « Ils seraient perçus comme des menaces », d'autant plus que la victime aurait le même âge qu’un d’eux. « À ces comportements d'évitement, s'ajoute un comportement de fuite et d'isolement social. Non seulement [la victime] exprime le besoin de se soustraire aux regards des autres, mais aussi aux rappels constants des événements vécus », poursuit le rapport ».

 

La psychologue recommande par conséquent que la victime puisse bénéficier d’un lieu « où exprimer ses souffrances dans un cadre sécurisant, bienveillant et un accompagnement progressif vers la reconstruction ». Depuis le dépôt de la plainte le 17 avril à la gendarmerie de Moroni, la victime bénéficie d’une prise en charge psychologique au Centre pour mineurs sis au sein de ladite gendarmerie et financé par la coopération française.

 

La plainte pour viol vise Mohamed Moussa Moudjahid, responsable de la banque mobile de la BDC où il a occupé les fonctions de directeur général adjoint. Il est placé en détention provisoire à la prison de Moroni depuis le lundi 22 avril après une garde à vue de trois jours. Avant de se rendre à la gendarmerie, le mis en cause avait tenté de prendre la fuite. Une cavale qui n’a duré que deux jours. D’après le parquet de Moroni, M.Moudhahid avait autorité sur la victime, du moins jusqu’au moment des faits en février dernier. Une circonstance aggravante qui lui vaut jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle. Une perquisition a été menée à la BDC jeudi 25 avril par deux magistrats du tribunal de première instance de Moroni.

 

Andjouza Abouheir

 


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