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Violence sexuelle : 243 cas enregistrés à Mohéli en 2025

Violence sexuelle :  243 cas enregistrés à Mohéli en 2025 © : HZK-LGDC

Les chiffres sont préoccupants. À Mohéli, les cas de violences sexuelles dénoncés ont connu une hausse significative entre 2024 et 2025, passant d’un peu plus d’une centaine à 243 cas enregistrés. Une évolution qui pourrait traduire non seulement une réalité persistante, mais aussi une meilleure prise en compte de la parole des victimes et une sensibilisation accrue autour de ces problématiques.


Cette augmentation ne signifie pas nécessairement que la violence est en hausse, mais plutôt que les victimes sont désormais plus enclines à dénoncer les faits. Les autorités et les acteurs sociaux poursuivent leurs efforts pour renforcer la protection, l’accompagnement et l’orientation des personnes concernées. Selon la directrice régionale de la Promotion du genre à Mohéli, Mme Nasra Boinariziki, plusieurs initiatives locales ont été mises en place avec l’appui des partenaires afin de lutter contre ce phénomène. « Des comités d’éveil et d’alerte ont été créés dans les communes, avec la participation active des communautés », explique-t-elle. Elle précise également que « 60 clubs d’adolescents ont été mis en place pour sensibiliser les jeunes à la prévention de la violence. Quatre clubs de jeunes offrent des espaces d’échange et de soutien, tandis que quatre clubs de mères accompagnent les femmes dans leur rôle de prévention et de protection ».

 

La direction régionale souligne par ailleurs que les violences sexuelles prennent diverses formes : agressions sexuelles, mariages précoces, viols, mais aussi violences économiques. « L’abandon des enfants après un divorce est fréquent. De nombreux pères cessent d’assumer leurs responsabilités financières, ce qui fragilise davantage les foyers », indique Mme Boinariziki. La responsable insiste aussi sur les obstacles culturels qui freinent la dénonciation. « Malheureusement, la honte et le déshonneur restent des barrières majeures. Certaines familles, notamment nombreuses, refusent encore de signaler les violences malgré les efforts de sensibilisation », déplore-t-elle. Pour elle, il est urgent de « briser le tabou et de créer un environnement de confiance et de solidarité ». « Il faut encourager les victimes à parler, à dénoncer les faits et à demander de l’aide », ajoute-t-elle.

 

L’objectif de la direction régionale de la Promotion du genre à Mohéli est de bâtir un cadre sûr et protecteur pour tous, dans lequel les droits fondamentaux sont respectés. « Ensemble, nous pouvons faire la différence. Nous allons continuer à travailler pour changer les mentalités et faire comprendre que la violence n’est pas une honte, mais un crime qui doit être puni. Nous sommes déterminés à poursuivre nos efforts afin de créer un environnement sûr et protecteur pour tous », a-t-elle conclu.

 

El-Aniou Fatima 

 


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