La libération de la parole et les campagnes des services d’écoute sont considérées comme les points forts de la réduction des cas de violence. Les instances concernées dans cette lutte, dont la brigade des mineurs, les services d’écoute, l’Unicef et la délégation des droits de l’homme, recommandent une collaboration accrue pour endiguer le fléau.
Lors d’une rencontre qui a réuni le 17 juillet dernier des officiers de la brigade des mineurs, un représentant de l’Unicef, des agents des services d’écoute et le délégué des droits de l’homme, les statistiques sur les violences basées sur le genre aux Comores ont été mises en lumière. Cette assemblée a reconnu une baisse des cas de violences faites aux plus vulnérables par rapport aux dix dernières années. Toutefois, le délégué en charge des droits de l’homme, Youssouf Ismaël, a précisé : « Ces actes étaient monnaie courante dans les années précédentes, mais à l’insu de tout le monde, car tout le monde avait peur de dénoncer son agresseur pour une raison ou une autre. Maintenant, la peur a changé de camp. La libération de la parole et les sensibilisations faites par les services d’écoute ont joué un rôle important dans la réduction des violences faites aux femmes et aux enfants. »
À ces propos, les officiers de la brigade des mineurs ont regretté certaines failles liées à leurs enquêtes. « Puisqu’il faut parler, parlons net. La justice ne favorise pas notre travail dans la mesure où les accusés de crimes sexuels ou d’agression sexuelle ne connaissent même pas l’enfer de la prison. Au lendemain des crimes, on les retrouve libres, prêts à récidiver. C’est une faiblesse majeure pour les enquêteurs et un traumatisme moral pour la victime qui voit son agresseur libre », a regretté l’officier Zaïnabou Abdoulhamid de la brigade des mineurs. Cette remarque a été reprise par Elamine Ali, représentant du ministère du Genre, tout en rassurant sur une future signature d’accord avec le ministre de la Justice pour renforcer les actions contre les agressions sexuelles : « Nul n’ignore la faiblesse de notre justice concernant ces actes. Mais nous travaillons à élaborer un accord avec le ministre de la Justice pour mettre fin à cette situation qui ne rassure pas la population. » Cette idée est soutenue par le délégué des droits de l’homme : « Il est opportun que le ministère du Genre pense à cet accord. Le ministère de la Justice va se battre pour faire passer une note en conseil des ministres pour concrétiser cet accord. »
De son côté, Houfrane Hassane, représentante de l’Unicef, a sollicité une meilleure collaboration entre les services d’écoute et les associations œuvrant dans ce domaine pour obtenir des résultats efficaces : « Nous apprenons les cas de victimes dans les médias. Cela montre un manque de coopération entre les services d’écoute et l’Unicef, rendant difficile notre intervention en temps voulu. Il faut donc renforcer notre collaboration et nos actions de sensibilisation. » Cette doléance a été appuyée par Mdradabi, chef de service d’écoute de Moroni, qui a jugé nécessaire le soutien de tout le monde pour la protection des filles victimes d’agressions sexuelles, surtout dans le domaine scolaire.
Kamal Gamal
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