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des Comores

Violences basées sur le genre : Une urgence sociale à Ngazidja

Violences basées sur le genre :  Une urgence sociale à Ngazidja © : HZK-LGDC

247 cas recensés en 2023, dont 207 agressions sexuelles : l’Observatoire insulaire appelle à une réponse coordonnée.


À Ngazidja, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 247 cas de violences basées sur le genre ont été enregistrés en 2023, dont 207 agressions sexuelles. Des données inquiétantes révélées lors du séminaire de capitalisation de l’Observatoire des violences faites aux femmes et aux mineurs, tenu à Moroni le lundi 16 juin dernier. Cette rencontre a réuni des personnalités nationales et internationales venues réaffirmer l’urgence d’agir. Parmi elles : le gouverneur Ibrahim Mohamed Mze gouverneur de Ngazidja, Stéphane Troussel, président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis, Ernestine Ronai, cheffe de l’Observatoire français des violences faites aux femmes, et Fatima Ahamada, ministre comorienne de la Promotion du genre. « Il est temps de mettre en œuvre une stratégie intégrée, durable et coordonnée qui mette la prévention, la justice et l’accompagnement des victimes au cœur de l’action publique », a martelé le gouverneur.

Mis en place grâce à l’impulsion de Sitti Farouata Mhoudine, ancienne gouverneure, l’Observatoire insulaire poursuit sa mission de collecte de données, de sensibilisation et de coordination des réponses. Mais malgré ces efforts, les violences demeurent fréquentes et souvent tues. Les violences sexuelles représentent plus de 80% des cas enregistrés en 2023, un signal d’alarme fort. Stéphane Troussel a salué un partenariat « unique » entre son département et les Comores, engagé depuis plus de deux décennies : « Une femme sur trois dans le monde a été exposée à des violences physiques ou sexuelles, selon l’OMS. Ces violences sont un problème mondial qui exige une réponse locale renforcée. »

De son côté, la ministre Fatima Ahamada a insisté sur l’importance d’un travail collectif impliquant la justice, les services de santé, les forces de l’ordre, les collectivités, les associations et les ONG : « Nous devons bâtir un maillage solide d’accompagnement, où chaque acteur joue pleinement son rôle. » Deux panels ont ponctué le séminaire : le premier sur les résultats de l’Observatoire, le second sur les politiques nationales en matière de lutte contre les violences faites aux femmes et aux mineurs. Tous ont insisté sur un point : le temps du constat est terminé. L’heure est à l’action. En plus de centraliser les données et de proposer des recommandations, l’Observatoire ambitionne de devenir un levier de plaidoyer, de coordination et de visibilité pour les victimes. Au-delà des chiffres, ce sont 247 vies touchées, 207 corps agressés, autant de parcours brisés. Ce séminaire appelle à transformer ces données en moteur d’action pour un avenir où femmes et enfants vivront, enfin, libres de toute violence.

Mohamed Ali Nasra


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