La Gazette

des Comores

Violences faites aux femmes : Les femmes réclament justice

Violences faites aux femmes :  Les femmes réclament justice © : HZK-LGDC

La colère reste vive après le meurtre de la jeune Naïcha M’Madi Abdou. Samedi 30 mai à Moroni, plusieurs femmes du collectif de Mbadjini, accompagnées d’associations de la société civile engagées dans la lutte contre les violences basées sur le genre, se sont réunies au foyer des femmes pour dénoncer les violences faites aux femmes et aux filles aux Comores. Une mobilisation empreinte d’émotion, quelques jours seulement après le meurtre de la jeune Naïcha M’Madi Abdou, dont la disparition continue de susciter une vive indignation dans le pays.


Plus jamais ça ! « Nous demandons justice pour  nos enfants victime d’agressions, de crime atroce », tel est le cri du cœur de ces mamans et femmes mobilisées au foyer des femmes de Moroni. Autour du collectif, plusieurs organisations dont Faina, Petits Anges et Awln, ainsi que des femmes leaders venues de différents horizons, ont répondu à l’appel. Toutes portaient un même message : dénoncer la répétition des violences basées sur le genre et interpeller les autorités sur la nécessité d’une réponse plus ferme face à ces drames. La veille, dans un communiqué daté du 29 mai, la préfecture du Centre avait strictement encadré le rassemblement. Autorisée entre 8 heures et 10 heures dans l’enceinte du foyer des femmes, la rencontre ne devait donner lieu à aucun déplacement en dehors du site. Les autorités avaient également rappelé les consignes liées au maintien de l’ordre public.

Sur place, les participantes, vêtues de rouge, ont affiché leur solidarité et leur détermination. Une couleur choisie comme symbole du deuil, de l’alerte et de la volonté de faire entendre leurs revendications. Une représentante du collectif de Mbadjini a pris la parole pour dénoncer la répétition des violences faites aux femmes dans le pays et la douleur des familles confrontées à ces drames. « Nous lançons un cri d’alarme. Personne ne souhaite élever un enfant, le voir grandir, étudier, travailler, pour ensuite lui être arraché de la pire des façons », lance dans la foulée cette maman attristée, appelant à une meilleure protection des femmes et des jeunes filles. Elle a également souligné que ces violences ne constituent pas des faits isolés, mais des situations récurrentes, selon elle, depuis plusieurs années, appelant à une réponse plus ferme de la justice et des institutions.

Certains participants ont également exprimé des interrogations sur les restrictions entourant la mobilisation, estimant qu’une marche pacifique initialement envisagée n’a pas pu se tenir librement, un dispositif composé de la police nationale, de la gendarmerie et de la police municipale était présent aux abords du foyer. Face à cette présence, les organisatrices ont finalement emprunté un itinéraire alternatif par la baie de Kalaweni afin de poursuivre leur expression publique dans le calme. À l’issue de la rencontre, plusieurs participantes ont réaffirmé leur détermination à poursuivre la mobilisation contre les violences basées sur le genre, appelant à une prise de conscience nationale et à des mesures concrètes pour renforcer la protection des femmes. Ce rassemblement met en lumière une mobilisation croissante de la société civile féminine aux Comores, dans un contexte où les appels à une meilleure prise en charge des violences basées sur le genre se multiplient.

Mohamed Ali Nasra

 


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