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des Comores

Violences sexuelles à l’ORTC : Les avocats de la défense se disent « sereins »

Violences sexuelles à l’ORTC :  Les avocats de la défense se disent « sereins » © : HZK-LGDC

Quatre journalistes sont poursuivis par un cadre de l’ORTC pour « diffamation » après la dénonciation par le Syndicat des journalistes de faits d’agressions et de harcèlements sexuels à la télévision nationale. Le délibéré de leur procès est attendu ce jeudi 27 juillet. Leurs avocats disent avoir confiance aux juges alors que le réquisitoire du parquet est d’une sévérité inouïe.


Que 24h pour connaitre le sort des quatre journalistes poursuivis par Hablani Assoumani, un cadre de la chaine nationale qui s’estime être victime de diffamation après la dénonciation par le Syndicat des journalistes de faits d’agressions et harcèlements sexuels à l’ORTC. Hier en début de journée, les avocats des mis en cause ont rencontré la presse pour faire le point du procès dont l’audience a eu lieu le 22 juin, et le verdict fixé au 27 juillet. Cette conférence de presse avait visiblement pour but de sensibiliser d’avantage l’opinion, à la veille de la sentence des juges. Me Fahmi Said Said Ibrahim et Me Said Mohamed Said Hassane sont tour à tour revenus sur le fond mais aussi la forme du procès. Pour eux, l’infraction de diffamation n’est pas constituée dans la mesure où il n’existe aucun support public dans lequel le nom du poursuivant est cité.

 

« Dans son discours, Andjouza Abouheir n’a aucunement cité un nom. Certes le discours était public et relayé par les médias, mais aucun nom n’a été cité », a rappelé Me Fahmi en référence au discours prononcé par la vice-présidente du Syndicat des journalistes le 17 janvier à Beit-Salam, à l’occasion de la cérémonie de vœux du nouvel an. D’ailleurs, lors de l’audience du 22 juin, Hablani Assoumani a reconnu devant le Tribunal et la Parquet ne pas s’être senti visé. Mais sa plainte est reçue quand-même ! « C’était au cours de l’audience que le parquet a pris connaissance des éléments à charge contre les prévenus », devait regretter Me Said Mohamed qui dénonce un dossier « vide » à la base. N’empêche, les avocats se disent « sereins » et avoir confiance en la justice.

 

Le 17 janvier devant le chef de l’État, le Syndicat des journalistes a courageusement dénoncé des faits d’harcèlements et d’agressions sexuelles à l’ORTC. Très vite, Hablani Assoumani, directeur opération de la télévision, a crié à la diffamation contre sa personne alors qu’aucun nom n’a été cité. Andjouza Abouheir, vice-présidente du Syndicat qui était chargée de lire le discours, Abdallah Mzembaba et Oubeidillah Mchangama, respectivement correspondant de RFI à Moroni qui et journaliste de Fcbk FM qui, eux, ont relayé l’information, ainsi que Toufé Maecha, ancien directeur de l’information de l’ORTC (en poste au moment des dénonciations), suspecté d’être à l’origine de ces « fuites », sont poursuivis pour diffamation.

 

Le 14 juillet, Toufé Maecha, absent de l’audience du 22 juin car en déplacement à l’étranger, a publié une tribune à La Gazette des Comores. Loin de chercher à se justifier, l’ancien directeur de l’information de l’ORTC a confirmé les informations du syndicat, avec des témoignages glaçants à l’appui. Plusieurs sources à l’ORTC affirment l’existence des pratiques dénoncées par le Syndicat. Si la justice faisait convenablement son travail en ouvrant une enquête à l’ORTC dans la foulée des révélations du Syndicat, les masques seraient tombés et on ne parlerait plus de victimes de diffamation.

 

Ibnou M. Abdou


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