La Gazette

des Comores

« Je suis si satisfait de ma vie que j’oublie souvent mon handicap »

« Je suis si satisfait de ma vie que j’oublie souvent mon handicap » © : HZK-LGDC

À l’occasion de la journée internationale des handicapés, Abdillah Ahmad, agent de l’UNFPA-Comores fait un témoignage sur son intégration en milieu de travail. Atteint de paraplégie, il démontre au monde entier que derrière son handicap, un homme instruit capable de donner le meilleur de lui-même.


De nature souriant et calme, Abdillah Ahmad, 54 ans, travaille à l’UNFPA depuis 5ans en tant qu’associé à l’administration/HR/Procurement. Malgré son handicap, il est toujours assidu au boulot et est même le premier à se rendre au bureau avant tout le monde et parfois le dernier à partir. Sa disponibilité par le télétravail imposé par la crise de coronavirus pendant la période a été capitale pour l’acquisition des besoins du bureau pour l’exécution des activités. Atteint de paralysie de ses deux membres inférieurs depuis ses deux ans, il aurait pu bénéficier des soins adéquats lui permettant de vivre sans handicap. « Je suis atteint de paralysie des deux membres inférieurs (paraplégie) dès l’âge de deux ans à cause de la poliomyélite, et je marche avec deux béquilles. A l’époque, mes parents ne savaient même pas l’existence de cette maladie, encore moins le vaccin anti-polio », déclare-t-il.

 

Juriste de formation, Abdillah Ahmad est titulaire d’une Maîtrise en droit privé obtenu à Madagascar où il a travaillé avec l’UNICEF avant de rejoindre le PNUD-Comores et actuellement à l’UNFPA. Aujourd’hui, il se souvient de l’accueil qui lui a été réservé à ses premiers pas à l’UNFPA. « Depuis mon recrutement à l’UNFPA, l’accessibilité du bureau s’est améliorée car le directeur pays à l’époque, Mamadou Dicko, avait pris l’initiative de construire une rampe pour faciliter mon accès au bâtiment au lieu de prendre les escaliers. Je suis reconnaissant de ce geste qui m’a permis de m’intégrer dans le groupe sans difficulté », dit-il, avant d’ajouter que « l’ensemble du staff contribue énormément à mon inclusion, tout en m’apportant des assistances nécessaires comme soulever ou déplacer des dossiers ou des matériels, m’accompagner pour les tâches nécessitant des efforts physiques ».

 

Comme à l’UNPFA, dans sa vie personnelle, Ahmad se réjouit de la complicité de ses quatre enfants et de sa femme à la maison qui lui apportent assistance, le sourire et la joie après des journées de travail quotidiennement stressantes. « En ce qui concerne ma situation personnelle, je suis satisfait de ma vie en général que j’oublie souvent mon handicap, sauf devant un obstacle. A la maison, mon épouse et mes enfants s’adaptent et sont habitués à mon handicap et ils sont fiers de moi », souligne-t-il.

 

Rappelons que les handicapés ont les mêmes droits que tous les autres, comme l'affirme la Convention relative aux droits des personnes handicapées. C’est pourquoi Abdillah Ahmad profite de cette occasion pour faire des recommandations aux décideurs pour améliorer davantage l’inclusion des personnes en situation de handicap. Il s’agit notamment d’appliquer réellement la politique d’inclusion des personnes en situation de handicap sur le milieu de travail qui a été publiée par l’UNFPA en fin 2019 tout en faisant un état des lieux pour avoir des données désagrégées des personnes en situation de handicap aux Comores. Selon lui, il serait judicieux d’établir des critères d’évaluation d’inclusion dans tous les projets et programmes financés par l’UNFPA.

 

Andjouza Abouheir

 


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