La Gazette

des Comores

« Le anda contribue-t-il à la pauvreté ? »

« Le anda contribue-t-il à la pauvreté ? » © : HZK-LGDC

Une rencontre entre sociologues et journalistes a eu lieu vendredi dernier à Moroni dans le but de conscientiser les intellectuels sur la question de l’amalgame qui existe entre l’islam, le Anda et le capitalisme. Un débat de société est loin de faire l’unanimité, dans une société comorienne à la recherche d’un modèle de développement, entre tradition et modernité.


La première édition du café sociologue a eu lieu vendredi dernier à Moroni. Cette première édition était l’occasion pour les sociologues et journalistes d’échanger sur divers sujets dont le capitalisme, l’islam et le « anda » (grand mariage coutumier). Sur la question du Anda qui est considéré par certaines personnes comme un rempart obligatoire à franchir, les sociologues appellent les comoriens à une conscientisation et arrêter un moment de faire du gaspillage à travers des dépenses ostentatoires. Considéré comme étant le précepte de domination, de gaspillage, mensonge et marginalisation et de l’initialisation à la pauvreté, le Anda est  symbolique et non comme une festivité dans la mesure où les comoriens voient en lui une activité sociale permettant à l’individu de bien manger et de se vêtir à ses dépends.

Aujourd’hui, hommes et femmes y compris des intellectuels et des guides religieux font l’amalgame d’un système. Une contradiction totale dans la mesure où la notion est l’incarnation directe de l’endettement. « Le Anda ne se focalise pas seulement dans le Grand Mariage mais c’est un processus de l’avant et d’après vie, montre Mistoihi Abdillah. Il est un processus de la vie à la mort ». Et d’après lui, le capitalisme est quasi impossible aux Comores au moment où les gens considèrent le terme comme étant le pilier social.

La question qui était au centre de cet événement est la considération des us et coutumes en passant par la domination, l’incompréhension de certaines règles et des clans mais aussi des prestiges que d’autres se donnent en marginalisant les autres avec mépris et humiliation.  Toutefois, l’on s’interroge sur le sujet. Que propose-t-on pour mieux conscientiser les intellectuels ?

Les réponses laissent sans voix, en ce sens où la question du Anda est loin de faire l’unanimité. De son coté, Abdoulmalik Ahmad a montré la mainmise de certains parents en passant par les tontines qui est un service de comptoirs d’endettement. « Aux Comores, l’individu est face au symbolique et à l’économie. C’est à dire économiser ou dépenser plutôt économiser pour dépenser de façon ostentatoire », explique-t-il. Et en tant que sociologue, il a défini le capitalisme comme étant le mode de production qui se fonde sur la finalité du gain et du profit économique. Le capitalisme s’organise autour d’une entreprise dirigée par des entrepreneurs qui n’ont d’autres buts que le profit économique. Et le capitalisme ne peut pas s’associer au Anda en question. Une incompatibilité de fait. 

Andjouza Abouheir

 


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