Une lettre sous forme de revendications et de doléances apparemment écrite par des détenus (en shikomori) est destinée selon leurs auteurs aux journalistes comoriens dans le but de propager l'information. Si la véracité des expéditeurs restent à prouver, la réalité des faits est indiscutable.
« Chers pères, oncles ainsi que vous nos grands frères qui travaillaient dans la justice-ministère, nous sommes à bout on demande pardon ». C'est par ces mots que des détenus ont adressé un long courrier pour prendre à témoins l'opinion publique sur les conditions inhumaines qu'ils vivent à la maison d'arrêt de Moroni. Trois pages de doléances et ses supplications. « On nous traite comme des animaux qui n'ont aucune utilité sur terre et même pour l'au-delà », disent-ils. Les détenus font référence aux conditions de vie dans la prison que des organisations de la société civile et celles qui militent pour les droit de l'homme n'ont cessé de dénoncer ces dernières années.
Un peu plus loin dans cette longue missive, les bagnards car il s'agit bien de cela donnent des points de détails sur ces conditions. « Comme on vous l'a dit, les cellules d'isolement sont transformés en chambres, comme il n'y a plus de prisonnière, leur compartiment est utilisé pour enfermer d'autres prisonniers », poursuivent-ils. Et ces derniers de continuer: « Sur une capacité de 180 places, la prison compte actuellement 384 prisonniers ». Des chiffres qui restent à vérifier du moins en ce qui concerne la capacité d'accueil de la prison qui était conçu au départ pour 90 détenus.
Le problème de la surpopulation carcérale n'est pas le seul problème relevé par les détenus, il y'a la vétusté du bâtiment qui est invivable au moment des grandes pluies comme on s'apprête à y entrer. « La prison à des fuites même à travers les mûrs, pour colmater les brèches on utilise du bitume chauffée et de la tôle », montrent-ils. Si dormir est une équation à plusieurs inconnues pour les détenus à la maison centrale de Moroni, que dire de leur ration.
D'après leurs dires, les prisonniers ne mangeraient pas à leur faim, depuis des mois ils seraient au régime sec. « Le ministère, le DAF, la maman qui livre la ration, doivent aux prisonniers de la maison centrale de Moroni quelques 800 sacs de riz », annoncent-ils, et la litanie d'ajouter « pour mets, 130 personnes partagent 20 boîtes de sardines, soit en moyenne une boîte pour 7 personne ». Un peu plus loin, les détenus soulignent le deux poids deux mesures des conditions de détention entre ceux qu'ils appellent les nantis et le bas peuple. « Les autorités qui ont commis un délit, les fonctionnaires d'Etat et toute personne ayant un soutien haut placé n'ont pas les mêmes conditions de détention que les enfants d'Aboudou et Zaitouni » entendez les enfants des pauvres.
AS Badraoui
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