La Gazette

des Comores

« Zéro Data Day » : L’ACTIC appelle au boycott des recharges ce mercredi

« Zéro Data Day » :  L’ACTIC appelle au boycott des recharges ce mercredi © : HZK-LGDC

L'Association comorienne des technologies de l'information et de la communication (ACTIC) a lancé, ce mercredi 1er juillet, l'opération citoyenne « Zéro Data Day ». Le mot d'ordre est simple : ne procéder à aucune recharge téléphonique ni à aucun achat de forfait internet auprès des opérateurs YAS et HURI pendant 24 heures.


L'ACTIC a présenté cette initiative lors d'une conférence de presse organisée lundi 29 juin à Moroni. L'association appelle les Comoriens à suspendre toute recharge mobile afin de dénoncer des tarifs jugés trop élevés, une qualité de service insuffisante, l'absence de concurrence réelle entre les deux opérateurs et le non-respect présumé de leurs cahiers des charges. Elle réclame des offres plus adaptées au pouvoir d'achat des ménages comoriens. Selon l'association, cette journée vise à envoyer un signal économique fort et immédiat aux opérateurs, tout en restant une action pacifique n'entraînant aucune perturbation des réseaux. L'ACTIC résume sa démarche autour de trois objectifs. Le premier est d'interpeller YAS et HURI sur le rapport qualité-prix de leurs offres mobiles. Le deuxième consiste à défendre le pouvoir d'achat des consommateurs comoriens, pénalisés selon elle par les tarifs actuels. Le troisième vise à promouvoir un accès au numérique plus juste, plus abordable et plus inclusif. Pour l'association, l'accès au numérique doit être considéré comme un droit et non comme un privilège.

Le président de l'ACTIC, Hamidou Mohoma, a précisé les motivations de cette mobilisation. « Il s'agit d'interpeller la population comorienne et d'observer un mercredi sans recharge », a-t-il déclaré. Il a présenté cette campagne comme l'aboutissement d'un combat mené depuis plusieurs années pour la protection des consommateurs. Il a toutefois insisté sur le fait que l'ACTIC n'est pas opposée aux opérateurs eux-mêmes, mais qu'elle conteste le niveau des prix pratiqués et la qualité des services proposés. Pour étayer son argumentaire, Hamidou Mohoma a évoqué la situation dans la région. Il a rappelé que le produit intérieur brut par habitant des Seychelles est estimé à près de 14 000 dollars, contre environ 1 500 dollars aux Comores. Selon lui, il est donc difficile de justifier des niveaux de prix comparables entre des pays aux réalités économiques aussi différentes.

Le président de l'ACTIC a également détaillé les offres proposées par les opérateurs. Selon les données présentées, le coût du gigaoctet s'élève à environ 666 francs comoriens chez YAS et à 500 francs chez HURI. Les forfaits à 20 000 francs offrent respectivement 30 gigaoctets chez YAS et 40 gigaoctets chez HURI. Il a également indiqué que certaines offres permettent d'accéder à 50 gigaoctets pour le même montant. Toutefois, une fois le volume de données consommé, le débit est fortement réduit, entraînant une dégradation importante de la qualité de connexion. L'ACTIC dénonce par ailleurs ce qu'elle considère comme une double facturation injustifiée. Selon son président, les consommateurs paient séparément l'accès à internet mobile et l'accès internet fixe à domicile, alors que la capacité fournie par la fibre optique est commercialisée selon un tarif unique auprès des opérateurs.

L'association critique également le fonctionnement du marché des télécommunications aux Comores. Hamidou Mohoma estime qu'il n'existe plus de véritable concurrence entre les deux opérateurs et affirme qu'aucun d'eux ne respecte pleinement les obligations prévues dans leurs cahiers des charges. Le secrétaire général de l'ACTIC, Chamsoudine Soudjay, a insisté sur la dimension sociale de la mobilisation. « Il est temps que les opérateurs comprennent qu'on ne peut pas continuer à faire supporter ces coûts aux consommateurs », a-t-il déclaré, qualifiant cette journée d'action de « premier avertissement ». L'association n'exclut pas d'élargir ou de prolonger la mobilisation en l'absence de réponse des opérateurs. La réaction de YAS, de HURI et des autorités publiques pourrait désormais déterminer la suite du mouvement.

 El-Aniou Fatima

 


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