Faute de riz, des familles sont contraintes de déterrer du riz périmé pour se nourrir. Cette scène se déroule en plein centre de Mutsamudu, à Anjouan, près de la société des hydrocarbures. Une réalité inconcevable dans un pays épargné par la guerre.
Des images qui ne laissent personne indifférent. En 2024, des personnes sont obligées de se nourrir avec du riz périmé. À proximité de la société des hydrocarbures à Anjouan, des familles s'exposent en plein jour pour se procurer du riz avarié, mélangé à de la poussière, qu'elles trient ensuite pour le consommer. Une réalité incompréhensible dans un pays où il n'y a pas de guerre. Dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, un homme décrie cette situation amère. « Vous voyez ces gens, ils sont entrain de ramasser le riz périmé, jeté par certains magasins. Mais vu la faim, ces gens n’ont nul le choix que de trier le riz pour se nourrir », laisse-t-il entendre image à l’appui.
Malheureusement cette pénurie dure depuis un moment. « Il est vrai qu'il n'y a pas de guerre, mais il existe bel et bien des responsables qui décident de priver leur peuple de tout moyen de subsistance. Leur but ultime est de tirer profit de cette faim en l'échangeant contre le pouvoir lors des prochaines élections », déclare Assane Ali, les larmes aux yeux, un citoyen qui s'est dit très attristé par cette situation. Pour certains, cette situation inhumaine est un affront à la dignité des habitants d'Anjouan. « La population, déjà tiraillée par la misère, est maintenant confrontée à une famine orchestrée par des individus sans scrupules, prêts à tout pour satisfaire leurs ambitions», s'est plaint un citoyen qu'on a interrogé par nos soins à Anjouan.
Le riz ordinaire, denrée alimentaire de première nécessité, devient introuvable sur toute l'île. Les responsables de l'Office chargé de l'importation et de la commercialisation du riz (Onicor à Anjouan) trouvent des prétextes pour éviter les rencontres avec la presse. Mais ce que nous avons appris, c'est que beaucoup de familles subissent les conséquences de ces pénuries à répétition. Selon les personnes interrogées, certains « agents de l’Onicor à Anjouan utilisent les noms de commerçants, c'est-à-dire leurs NIF (numéro d'identification fiscale), pour revendre ou donner le riz à des amis en partageant ensuite les bénéfices ». Cette pratique explique pourquoi le marché noir du riz est préoccupant », tonne Badrou Saïd, un commerçant rencontré au centre-ville. « C'est très dur et inhumain de voir des anjouanais en 2024, déterrer des grains de riz pourri pour se nourrir », a-t-il déploré. A l’heure où nous bouclions ces quelques lignes, nous n’avons pas pu joindre l’Onicor à Moroni. Nous y reviendrons dans notre prochaine édition.
Younès
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