Le mois de ramadan qui s’approche s’annonce déjà difficile pour les denrées alimentaires de grande consommation dans le pays. En plus de la flambée des prix des produits importés, ceux qui sont cultivés sur place notamment la banane commencent à se fait rares à Mohéli, ce qui n’est pas bon signe. Les quelques régimes récoltés sont transportés vers les autres îles pour plusieurs raisons.
Il y a encore quelques mois, un tas de banane verte de 500 fc au marché de Fomboni suffisait largement pour nourrir une famille de 4 personnes. Actuellement il en faut 2 ou 3 tas. Cette situation devient inquiétante sur l’île considérée jusqu’ici comme le grenier des Comores. Mais surtout que le mois de ramadan se profile à l’horizon. Un mois où la banane reste la denrée de base la plus consommée dans l’archipel.
Certains agriculteurs que nous avons pu interroger sur ce phénomène, expliquent qu’il y a eu prolongement de la saison sèche qui a duré 8 mois au lieu de 6 cette année. Par conséquent les bananiers ont dû passer une très longue période de stress hydrique et certains n’ont pas pu tenir debout. « En plus, cette sécheresse a favorisé la prolifération de certaines maladies comme la cercosporiose foliaire qui affaiblissent la production et c’est maintenant que les bananiers commencent à se développer en cette période pluvieuse » explique Fayçal Bianrif, le jeune agriculteur entrepreneur.
Un deuxième facteur qui explique cette pénurie, selon Fayçal, c’est l’accroissement de la population qui fait qu’il y a plus de demande que d’offre. Et que les espaces agricoles pour les produits vivriers ont été réduits au bénéfice de la culture de rente notamment l’ylang-ylang.
Comme dans les autres îles, il fait bon marché, plusieurs agriculteurs préfèrent écouler leurs produits à Ngazidja ou à Ndzouani. « Le pire est à craindre au mois de ramadan car en plus, il n'y aura pas suffisamment de maniocs, ni taros, ni patates » prévient-il.
Un troisième facteur « qui est positif d’ailleurs » dit-il, mais qui explique en partie cette pénurie de bananes à Mohéli, c’est qu'actuellement une entreprise indienne à Moroni fabrique des chips de banane, ce qui augmente la demande.
Ainsi un sac de banane de 50 kg passe de 7000 fc à 12.500 fc. « Je suis obligé de le prendre car ce n'est pas n'importe où qu'on trouve de la banane actuellement sinon, je serai obligé de fermer les portes, alors que c'est mon activité génératrice de revenu » déplore un restaurateur du bazar de Fomboni.
Riwad
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