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Éducation : Certaines écoles publiques seront-elles fermées à Ngazidja ?

Éducation :  Certaines écoles publiques seront-elles fermées à Ngazidja ? © : HZK-LGDC

Alors que les résultats aux examens de fin d’année à Ngazidja confirment une dégradation continue de l’enseignement public, le ministère de l’Éducation tire la sonnette d’alarme. Ce mercredi 7 août 2025 à Moroni, le ministre Bacar Mvoulana en présence du secrétaire général du gouvernorat de Ngazidja, de plusieurs maires et préfets, a tenu une réunion d’urgence. En ligne de mire, la menace de fermeture de plusieurs établissements scolaires.


Les chiffres sont sans appel. À Ngazidja, le taux de réussite dans l’enseignement public est en chute libre. « Les résultats sont catastrophiques. On constate que peu d’élèves fréquentent l’école publique alors même qu’il y a un nombre suffisant d’enseignants », a déclaré le ministre Bacar Mvoulana. Une situation paradoxale qui pousse désormais les autorités à envisager un redéploiement des ressources humaines. « Dans les autres îles, les écoles publiques sont bien plus fréquentées. Il faut réfléchir à une réaffectation de certains enseignants vers ces territoires où les besoins sont réels », a-t-il ajouté. Au-delà des résultats, c’est tout un système éducatif qui semble au bord de la rupture. Plusieurs établissements de Ngazidja sont aujourd’hui menacés de fermeture, faute de fréquentation suffisante, ou d’infrastructures adaptées. Des sous-centres d’examen pourraient également être supprimés, entraînant un éloignement géographique de plus en plus important entre les élèves et les structures éducatives.

Face à cette crise, l’État et les collectivités locales tentent d’unir leurs forces. Plusieurs maires ont exprimé leur volonté de s’impliquer davantage dans l’amélioration de l’école publique, en lançant des campagnes de sensibilisation auprès des familles et en entreprenant des actions concrètes d’assainissement et de réhabilitation des bâtiments. L’idée est de recréer un climat de confiance et de rendre l’école publique à nouveau attractive. Pour les autorités, il ne s’agit pas uniquement d’éviter des fermetures, mais de repenser en profondeur le système. Cela passe par un rééquilibrage territorial, une meilleure gouvernance, et un usage plus rationnel des ressources humaines. Le ministère de l’Éducation prévoit ainsi l’élaboration, dans les semaines à venir, d’un cadre d’intervention plus large impliquant les gouvernorats, les mairies, les directions régionales et les partenaires techniques.

« Il est urgent de faire revivre l’école publique. C’est un pilier de la cohésion nationale et de la justice sociale », a affirmé un cadre du ministère. Cette réunion est peut-être le point de départ d’un véritable plan de sauvetage pour l’école comorienne, à condition que les bonnes intentions se traduisent enfin en actions concrètes.

Mohamed Ali Nasra

 


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