La Gazette

des Comores

Éducation : La FSEC poursuit sa grève

Éducation : La FSEC poursuit sa grève © : HZK-LGDC

En conférence ce mardi 12 mai, la fédération des syndicats des enseignants comoriens (FSEC) annonce poursuivre leur grève. Plusieurs points y ont été abordés, dont la dénonciation de ce qu'il qualifie de « négligence » de la part du ministère de l'éducation et l'alerte sur une crise qui s'enlise depuis plus de deux ans, aggravée aujourd'hui par la flambée des prix du carburant.


Les représentants syndicaux affirment que le mouvement n'est pas un coup de tête face à la vie chère. La grève illimitée entamée le 17 avril dernier prolonge surtout deux précédents arrêts de cours, 48 heures, puis 72 heures, qui n'ont suscité selon eux, aucune réaction de l'État. « En 2024, nous étions d'accord sur le fond », rappelle le syndicat. Un avenant signé le 10 mars 2025 avait conditionné la reprise à la tenue d'assises nationales sur la réforme du système éducatif. Organisées en juillet, ces assises ont reconnu la nécessité de mieux considérer les enseignants et d'améliorer leurs conditions de travail. Depuis le dialogue patine, les échanges n'ont rien débloqué. « Tant d'énergie gaspillée pour rien », déplore un conférencier. Le seul canal de médiation ayant un temps soit peu progressé, fut celui du directeur de cabinet, Youssoufa Mohamed Ali, dit Belou, qui avait évoqué une possible revalorisation et aurait ouvert une discussion sérieuse, interrompue par sa maladie avant toute signature. Une récente rencontre avec le secrétaire général du gouvernement n'a débouché sur « aucun résultat concret ».

 

Ainsi, les grévistes déclarent rester ouverts au dialogue dans l'espoir d’un dénouement. La revalorisation salariale est toujours au cœur des revendications. Dans un contexte de vie chère, l'affectation des fonctionnaires entre Ngazidja, Anjouan et Mohéli devient intenable. La flambée du carburant aggrave la situation, nombre d'enseignants ne peuvent plus payer leurs trajets. Pour rappel, le ministre de l'éducation, Bacar Mvoulana, brandissait la fermeté en avril dernier : « tout jour non travaillé ne sera pas payé », en invoquant un moratoire de cinq ans, issu d'un protocole de février 2025. La Fédération syndicale dénonçait alors une posture « punitive » et de la « désinformation », rappelant le droit constitutionnel de grève.

 

Mais le ministre aurait déclaré « n'avoir pas eu vent » du conflit, malgré un préavis dûment déposé. « Il n'est pas coopératif. Fini les intimidations, il faut un médiateur crédible et que le gouvernement se ressaisisse au plus vite », tranchait un représentant. Le syndicat des enseignants promet de pénaliser les élèves et qu'il compte rattraper les cours pendant l'été. Mais il prévient : sans transparence sur le contrôle de la masse salariale, dont les conclusions n'ont jamais été publiées malgré la hausse du point d'indice de 1600 à 1800, et sans calendrier clair, la fin de cette année scolaire et la rentrée prochaine s'annoncent compromises.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 


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