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Éducation nationale : Le bras de fer s’intensifie

Éducation nationale : Le bras de fer s’intensifie © : Photo Archive

L’ONEC a lancé depuis le 10 novembre 2025 l’inscription aux examens nationaux. Des établissements scolaires sont privés du droit d’inscrire leurs élèves. Les nouvelles réformes du ministère de l’éducation nationale ne font pas l’unanimité.


La tension monte dans les établissements privés, où plusieurs écoles pourtant fonctionnelles ne figurent pas sur la plateforme officielle de l’Office National des Examens et Concours (ONEC). Cela signifie que les élèves inscrits dans ces établissements risquent de ne pas être enregistrés aux examens nationaux tels que le CEPE, le BEPC ou le BAC. Des écoles reconnues localement, comme le Lycée privé Intelligentsia à Anjouan et le prestigieux Groupe Scolaire Fundi Abdulhamid (GSFA) à Ngazidja, se retrouvent ainsi exclues de la liste validée, sans explication publique. Contacté par téléphone, l’informaticien de l’ONEC nous renvoie au ministère de l’éducation. « C’est une décision venant du ministère », dit-il avant de poursuivre que la plateforme est opérationnelle « depuis déjà une semaine ». Depuis octobre 2025, plusieurs notes circulaires émanant du ministère de l’Éducation ont été adressées aux directions régionales et aux établissements privés, installant un climat de tension. Ces papiers, souvent signés par le secrétaire général Saïd Soulé Saïd, rappellent toujours que « tout établissement non conforme sera exclu du processus d’examen national ».

 

Une note datée du 03 novembre dont nous nous sommes procuré copie, précise que « tout établissement dont les informations ne figurent pas sur la plateforme e-msomo ne sera pas autorisé à présenter des candidats aux examens nationaux ». Pour les chefs d’établissements, cette conformité imposée devient un outil de tri administratif, qui menace la diversité de l’offre éducative et fragilise les parcours scolaires des enfants. Face aux critiques, le ministère de l’éducation nationale assume pleinement sa posture. Pour le ministre Bacar Mvoulana, « ce n’est pas une punition, c’est une exigence de qualité. » Le secrétaire général du Ministère, Saïd Soulé Saïd, a quant à lui insisté sur la nécessité d’un bulletin unique qui a provoqué une grève de 72h à Anjouan : « Cette plateforme permettra de suivre chaque élève, d’éviter les fraudes et de garantir l’équité entre établissements ». Sur le terrain, les responsables d’établissements dénoncent un manque criant de communication formelle. Un responsable du GSFA, rapporte avoir contacté le secrétaire général adjoint du ministère après avoir constaté l’absence de son établissement sur la liste de l’ONEC.

 

« On m’a répondu que nous n’avions pas envoyé la liste des élèves. Pourtant, le secrétariat l’avait bien transmise, mais sans accusé de réception, avant même le lancement officiel de la procédure », explique-t-il. L’établissement s’indigne également du flou dans les canaux de communication : « Aucun courrier ne nous parvient venant du ministère. On apprend toujours les directives via Facebook ou dans des groupes WhatsApp. Ce n’est pas sérieux. » Une fois de plus, cela montre à quel point il y a un décalage entre ce que le ministère exige et ce que vivent réellement les écoles. Pour les parents, cette situation est vécue comme une injustice, d’autant plus que certaines écoles ont déjà entamé les cours et préparé les élèves aux épreuves. L’absence sur la plateforme de l’ONEC devient alors un outil de sanction, dans une réforme qui peine à convaincre.

 

Aticki Ahmed Ismael (stagiaire)

 


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