Nous avons rencontré l'un des attaquants réalistes des Comores. Aujourd’hui, Basler Kamal Djabir évolue à Bonbon Djema (D1). Malgré sa précieuse contribution dans l'île, en termes de buts, sa valeur ne retient pas l'attention des sélectionneurs. En septembre prochain, il soufflera sa 37e bougie. Mais, pour lui, l'âge ne constitue pas un obstacle pour exprimer ses talents et faire bouger les filets. Interview.
Question : Comment vivez-vous cette crise sanitaire qui constitue un obstacle à tout regroupement sportif entre autres ?
BKD : Je me soumets aux ordres des autorités. Mais, beaucoup de choses me manquent, surtout le sport. Pour moi, le football n'est pas un plaisir. C'est un métier. Les entraînements collectifs me préoccupent énormément. Individuellement, je bouge. Je fais des footings, des exercices musculaires, des séances de vitesse, etc. à raison de 4 à 5 fois par semaine. Mais, sans compétition, les muscles peuvent s'engourdir. Je risque de perdre la cadence, les automatismes et autres valeurs indispensables à mon poste d'avant-centre. Un long relâchement constitue un danger pour un sportif habitué à des actions.
Question : Mathématiquement, Bonbon Djema est quasi leader de Ngazidja. Sans entraînement collectif, comment votre équipe compte aborder une double phase nationale : Coupe des Comores et Championnat national ?
BKD : Depuis l'arrêt des compétitions, on savait déjà qu'on est champion de l'île. Notre chance, nous avons des joueurs expérimentés. Et malgré la présence de la covid-19 et l'interdiction de tout regroupement, nous, joueurs et staffs administratif et technique, sommes en contact permanent. Tout échange de vue est toujours enrichissant. Je remercie beaucoup nos dirigeants pour l'attention qu'ils portent à l'équipe. C'est un geste réconfortant et motivant. Donc psychologiquement, je pense que nous n'avons rien à nous reprocher. Nous sommes bien préparés pour ces inter-îles déterminantes. Sur le plan physique, par respect aux mesures de distanciation, nous nous entraînons par groupe de trois. Pendant le ramadan, nous faisions des footings séparément. Mais ce n'est pas suffisant. Vous savez, préparer dans de bonnes conditions une double phase nationale (Championnat et Coupe des Comores) n'est pas une chose aisée, surtout dans cette période de passivité. Ce qui nous reste, c'est un regroupement digne, symbole de l'ouverture des séances d’entraînement collectif et technico-tactiquement bien suivis.
Question : Indiscutablement, vous êtes un impressionnant chasseur de buts. Or dans les diverses sélections du pays (de Ngazidja, du Championnat d'Afrique des locaux et des Coelacanthes), les sélectionneurs vous oublient, voire vous marginalisent. Comment expliquez-vous cette situation ?
BKD : C'est une question importante. Mon problème, les entraîneurs pensent que mon âge constitue un handicap. En septembre prochain, j'aurai 37 ans. Tous les gars qui ont joué avec moi ont raccroché. Ma situation peut s'expliquer en deux points. Le 1er est tactique. Les entraîneurs d'aujourd'hui s'intéressent aux joueurs qui attaquent et qui défendent. Mon âge ne me permet pas de renforcer les soutiens. En revanche, sur les appuis, je suis vif et assidu. En clair, je suis attaquant, et j'attends les ravitaillements en ballon pour faire bouger les filets. Attention, je peux revenir pour apporter des soutiens aux milieux de terrain. Mais, ma contribution dans ce système ne sera pas comparable à celle des jeunes attaquants, comme les Djudja, Narcisse, etc. Mais, je reste un chasseur de buts confirmé. Je ne me vante pas. Aux Comores, il n'y a pas un attaquant réaliste comme moi, en terme de chasseur de buts. A Mayotte, Ndzouani et Ngazidja, j'étais assidûment un bon marqueur. Ici, à chaque 1ère saison, je sors toujours meilleur buteur (2015 avec Bonbon Djema), (2016 avec Ngaya) et (2017 avec Volcan). Le 2e point est individuel. Chez les sélectionneurs, mon âge (37 ans) suscite la réticence. Ils pensent que je dois aller à la retraite. Pour moi, les jeunes attaquants ne constituent pas un obstacle. Une sélection est réservée à ceux qui le méritent. A mon âge, je peux encore marquer 20 à 25 buts. Mais, à cause de l'âge, on privilégie des jeunes qui marquent à peine 3 à 5 buts.
Question : Vous comptez raccrocher quand ?
BKD : Par rapport à mon âge et à ma condition physique, je peux encore aborder trois saisons. Il est prématuré pour annoncer l'équipe avec laquelle je fêterai ma jubilation. Soyez patients.
Propos recueillis par Bm Gondet
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