La pétanque, activité ludique et sportive, est un jeu qui date des civilisations antiques. Elle est pratiquée aux Comores depuis la période coloniale. Mais la Fcp (fédération comorienne de la pétanque) n’a vu le jour qu’en 1999. La même année, elle est affiliée à la Fipjp, et a pris part au Mondial, où elle termine en 16e des finales. Actuellement, environ 1000 personnes, hommes et femmes, pratiquent ce jeu de boules. Le patron de la discipline au niveau de l'île de Ngazidja, le Docteur Nizar Ahamada, fait un état des lieux, et raconte sa situation par rapport à la crise pandémique, qui secoue le pays. Il répond à nos questions.
Question : Dr Nizar, vous êtes le président de l'Antenne de Pétanque de Ngazidja (Apn), sorte de ligue. Actuellement dans l'île, il y a combien de clubs opérationnels ?
Nizar Ahamada : Notre institution évalue à une cinquantaine le nombre des clubs. Seize seulement ont payé leur cotisation annuelle. Mais la discipline connaît un boom spectaculaire, témoignage d'une bonne politique de séduction, et d'une grande motivation. De 80 pétanqueurs par tournois, aujourd'hui, les participants frôlent les 180, constat fait de 2018 à nos jours. En clair, avant la présence de la Covid-19 qui a entraîné la suspension de tout regroupement de sport entre autres, la pétanque était dynamique.
Question : Avant la suspension, l'Apn avait-elle pu mettre en application son plan d'action ?
NA : Lors de la saison sportive 2018/2019, les « boulodromes » étaient bien animés. Le plan d'action a été réalisé à 100%. Mais en 2020, une partie seulement, dont la mise en place des licences, la qualification au championnat d'Afrique, et éventuellement au Mondial, enfin quelques tournois, est accomplie.
Question : Comment les pétanqueurs vivent l'hécatombe provoquée par le coronavirus aux Comores ?
NA : Les autorités ont érigé des mesures barrières. Nous nous soumettons à la décision. Naturellement, l'absence des compétitions rend pénible la vie, et dégourdit la masse musculaire. Vous savez, lors d’une partie de pétanque, les joueurs marchent beaucoup et doivent travailler sur la coordination ainsi que les articulations, le maintien et l’équilibre. Sans tournois, les muscles, la concentration, ou encore l'habileté perdent le rythme. Et c'est un grand handicap pour tout bouliste.
Question : Considérant ces embarras techniques, physiques et psychologiques, quels conseils donnez-vous aux clubs ?
NA : Sportivement, sans compétitions, la période est difficile. Masure de distanciation oblige, nous conseillons aux athlètes de s’entraîner isolement, porter les masques, et si possible utiliser de temps à autre le gel hydro-alcoolique. D'ailleurs, la Fédération comorienne de pétanque (Fcp) a remis des masques aux trois antennes insulaires, destinés aux pratiquantes et pratiquants de ce sport.
Question : Après la levée des mesures restrictives, quelle sera la priorité de l'Apn ?
NA : La priorité sera l'organisation d'une assemblée générale élective. Le mandat de la présidence d'une antenne régionale, comprise Apn, dure deux ans. Le mien a expiré le 31 mai 2020.
Question : Récemment, au championnat d'Afrique, tenu à Lomé, le pays était représenté par un club, en l’occurrence, une triplette masculine de Ngazidja. Les joueurs n'ont pas pu s'adapter à la cadence d'une compétition internationale, sous l'égide de la Fédération Internationale de Pétanque et Jeu Provençal (Fipjp) en collaboration avec l'Afrique. Pouvez-vous expliquer cette contre-performance : trois matches, trois défaites ?
NA : Effectivement, nos athlètes ont eu de sérieuses difficultés sur le terrain au Togo, et administratives aux Comores, notamment sur la préparation du voyage. Les causes sont multiples. La discipline était oubliée pendant plus d'une décennie. Il n'y avait aucune participation internationale. Le manque d'expériences de haut niveau a constitué d'obstacle. Dans un tournoi, la rage de vaincre a un impact direct sur le développement personnel. La motivation de gagner pousse à élaborer une stratégie pour atteindre l’objectif. Les sorties internationales sont indispensables. Elles permettent de comparer les systèmes de jeu, de s'évaluer et de tirer des leçons.
Question : Un dernier message ?
NA : Revenons au Togo. En 2019, on a envoyé une délégation sans aucun responsable, qui est une source motivante et constructive, en terme de soutien psychologique. C'est un handicap. De plus, la méthode de présélection était confuse, car mal-formulée. C'est la conséquence d'une mauvaise gestion depuis un moment. Actuellement, on essaie de rectifier, de réaménager et d'harmoniser toutes les actions nécessaires au développement du jeu de pétanque. C'est une passion pour nous.
Propos recueillis par Bm Gondet
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