À l’issue de la huitième journée des éliminatoires de la Coupe du monde 2026, l’équipe nationale des Comores est plus que jamais dans la course pour une qualification historique. Avec deux journées encore à disputer, les Cœlacanthes tiennent leur destin entre leurs mains : soit une qualification directe, scénario rêvé et inédit, soit une place en barrages, avec toutes les incertitudes et les implications en termes de temps, de moyens financiers et de mobilisation que cela suppose. Quelle que soit l’issue, une chose est sûre : les Comores iront jusqu’au bout, sans calcul, sans retenue, à l’image de leur sélectionneur, Stefano Cusin. Depuis le lancement de ces éliminatoires, en novembre 2023, l’Italien n’a jamais varié dans son approche, et son discours reste immuable.
À chaque conférence de presse, il martèle le même message : « Nous allons jouer ces éliminatoires match après match, jamais avant ni après, step by step. » Une constance rare dans un univers où l’on promet souvent monts et merveilles avant de se rétracter. Cusin refuse les projections à long terme, sauf sur la construction d’une équipe pour au moins la décennie à venir. Et pourtant, pour ne pas dire paradoxalement, son équipe avance comme si chaque rencontre était une finale. Car au-delà des mots, les chiffres parlent d’eux-mêmes. En huit matchs, les Comores comptent cinq victoires pour trois défaites, avec 11 buts marqués et 10 encaissés. Pas de nuls, pas de demi-mesure : soit ça passe, soit ça casse. Cette tendance tranche radicalement avec le parcours en éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations, où les Comores avaient su bâtir leur qualification sur la solidité, l’invincibilité et une gestion pragmatique : trois victoires et trois matchs nuls. Pour ces éliminatoires la lecture est tout autre.
Les Cœlacanthes avancent en prenant des coups, mais aussi en donnant pour la plupart des fois, capables de frapper fort, mais aussi de s’exposer. Un équilibre certes précaire, mais qui témoigne de la prise de risques assumée par le coach et son entourage. Les Comores attaquent, se découvrent, prennent des risques, et parfois paient le prix fort. Pourtant, ce pari audacieux leur permet aujourd’hui de rêver à une première Coupe du monde. Dans ce contexte, l’absence de demi-mesure n’est pas un défaut, mais un moteur. Elle galvanise les joueurs, nourrit une identité, et inscrit cette campagne dans un récit épique, celui d’un petit pays qui refuse de calculer et qui avance coûte que coûte. Stefano Cusin n’a jamais revendiqué cette approche frontale, mais elle apparait dans son management et de ses choix tactiques.
Avec deux matchs encore à jouer, dont un à Maluzini en octobre prochain, si les conditions le permettent, la marge d’erreur est certes très réduite, mais le rêve est intact. Les Comores n’ont jamais été aussi proches d’écrire l’une des plus belles pages de leur histoire sportive. Et si cette aventure devait s’achever sur un échec, elle resterait marquée du sceau de l’audace. Parce qu’avec Stefano Cusin, il n’y a pas de compromis. Pas de petites ambitions. Seulement l’idée de tout donner, quitte à tomber les armes à la main. Les prochains matchs diront si cette philosophie mènera les Cœlacanthes vers l’histoire. Mais une certitude demeure déjà : dans ce voyage, les Comores auront incarné, sous la houlette de leur sélectionneur, la définition même du « sans demi-mesure ».
Avec 15 points au compteur, les Verts peuvent viser la qualification directe en atteignant les 21 points, à condition de remporter leurs deux prochains matchs. Pour y parvenir, aucun calcul n’est possible : cette qualification ne dépend plus de nos adversaires, mais uniquement de nos propres résultats. Aujourd’hui, le plus grand adversaire des Verts n’est autre qu’eux-mêmes. Contre la Centrafrique dimanche dernier, en s’imposant (2-0), les hommes de, Stefano Cusin ont démontré qu’ils ont un caractère très apprécié dans le monde sportif, celui de se relever après avoir subi une défaite, conséquente soi-elle. Cet état d’esprit, peut aider les Cœlacanthes lors de ce sprint final, ou aucun faut départ n’est plus permis.
Imtiyaz
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