La Gazette

des Comores

Fundi Karnet, monument historique du basket-ball, a tiré sa révérence

Fundi Karnet, monument historique du basket-ball, a tiré sa révérence © : HZK-LGDC

Abdallah Ali, célèbre sous le surnom de Fundi Karnet est né en 1936 à Iconi, Ngazidja. Invité à regagner les Comores en 1966 par Djohar, à l'époque ministre des Sports. Grand pionnier de basket-ball, il conduit la discipline au sommet du podium en 1979. Convaincu que le développement de tout sport passe par un encadrement suivi des jeunes, il a créée la Fcssu. Il nous a quittés, le vendredi 22 janvier 2021, laissant deux enfants adultes, vivant en métropole, et six petit-fils. Que Dieu lui réserve une belle place au paradis.


Fundi Karnet est né aux Comores, et a effectué ses études dans la Grande île. Tout jeune, il était un sportif multidisciplinaire. Mais c'est en basket-ball qu'il signe la 1ère licence dans une équipe civile,  l'Amitié Sportive de Tana (Madagascar). Après des saisons sportives fructueuses, il s'engage dans l'armée française, et signe une 2e licence l'équipe militaire, Ust-B. Après les Jeux de l'Amitié, tenus à Dakar (Sénégal), où il a évolué dans l'équipe malgache, à coté d'un autre basketteur comorien, du nom Halifa Gardien, il est affecté dans l'Hexagone. Une fois son service terminé, il revient à Madagascar et se marie avec Amina Kafani à Majunga. Saïd Mohamed Djohar, à l'époque ministre de la Jeunesse et des Sports, l'invite à regagner le bercail pour s'occuper du basket-ball.

 

Fundi Karnet débute alors un travail marathon : restructuration des instances coordinatrices, intensification des compétitions, encadrement des joueurs, décentralisation de la discipline. Mais, il garde toujours son statut de joueur. Parallèlement, il fut recruté à la fonction publique comme professeur d’Éducation Physique et Sportive. Il est alors affecté au Lycée de Moroni. Fundi Karnet avait érigé en cheval de bataille la promotion du développement du basket-ball. L'organisation des 1ers Jeux des îles de l'Océan indien en 1979 à la Réunion l'a incité à s'engager à l'encadrement de la sélection nationale des Comores. Les Comoriens reviennent couronnés de médaille d'or. Dans l'Océan indien, il est un entraîneur emblématique, et aux Comores, il devient un monument historique et une légende de la discipline.

 

En 2011, le président et basketteur Sambi lui décerna le grade de chevalier de l'ordre du Croissant vert. Le contact permanent avec les jeunes sportifs incite la légende de la discipline à relever un autre défi. « Tout développement d'un sport dépend d'une large implication des jeunes, bien encadrés pédagogiquement et techniquement. Cette action fera parti de ma priorité », décide le Fundi qui dit ce qu'il fait et fait ce qu'il dit. En 1988, il a créée la Fédération Comorienne de Sport Scolaire et Universitaire (Fcssu) L'instance est reconnue au niveau international. Ainsi les jeunes sportifs comoriens ont sillonné les continents entre autres, la Chine (2 fois) pour les Universiades, et le Bridge, le Maroc pour le Cross-country, l'Italie pour un mini Jeux olympiques, etc.

 

Sa préoccupation pour l'encadrement des jeunes ne s'arrête pas là. Il contacte les coordonnateurs des Cipr, Circonspections pour les Inspections Pédagogiques régionales dans la perspective d'instaurer des compétitions sportives dans le milieu scolaire. Hélas, à son absence, le projet va rentrer dans les calendes grecques, et passer dans les oubliettes. Parmi les ministres de la Jeunesse et des Sports qu'il ne cesse de glorifier resplendissent exclusivement Djohar et Salim Idarousse. « Sans Djohar, je serai aujourd'hui un Je Viens. Et grâce au combat de Salim, le pays dispose d'un centre de formation des cadres techniques. C'est l'Injs, Institut National pour la Jeunesse et le Sport », avait expliqué avec gaieté, celui qui nous attend au paradis.

 

En hommage à sa ténacité, en septembre 1999, le stade de basket-ball d'Iconi fut baptisé stade Fundi Karnet. Le 13 décembre 2020, les jeunes du centre académique de basket-ball de Mitsamiouli ont rendu une visite de courtoisie à la légende de la discipline. « Les gosses académiciens sont très contents d'avoir rencontré le pionnier de basket-ball comorien. Il y a eu un échange fructueux et riche entre Fundi et eux. Nous lui avons offert une attestation de reconnaissance et une enveloppe conséquente », avait expliqué l'encadreur technique et chef de la délégation.

 

Il a rendu l'âme le soir du jeudi 21 janvier 2021, et a été enterré le lendemain à Iconi, après une longue fatigue et une pathologie bénigne qu'il a affronté avec détermination. Quelques jours avant de nous quitter, on le voyait comme d'habitude déambuler dans la médina de Moroni. Pour rappel, il était aussi enthousiasmé par la boxe comorienne. Son redoutable adversaire, un géant comorien venant de la Tanzanie, du nom de Mombassa, a fait obstacle à ses ambitions. Nous retenons de Fundi Karnet une forte capacité d’écoute, la persévérance et aussi l'humour. Pour lui, la réussite est au bout de l'effort. Que Dieu lui réserve la place qu'il mérite au paradis !

 

Bm Gondet

 


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