La crise pandémique du covid-19 endeuille les continents, a mis à terre la situation socio-économique du monde et a perturbé les plannings sportifs planétaires. Les Fédérations sportives comoriennes n'ont pas échappé au lugubre tourbillon. Le patron de la Fédération Comorienne de Tennis (Fct), Zayya Mahamoud, développe le parcours élogieux de ses athlètes, malgré les flagrantes difficultés financières qui secouent l'institution qu'il gère. Il répond à nos questions.
Comment se porte le Tennis comorien ?
Zayya Mahamoud Soidik : Notre discipline se porte bien aux Comores même si il est impératif de la propager dans les autres régions du pays, notamment au niveau insulaire. Mais, faute de moyens, il nous est impossible de le faire dans le moyen terme. Actuellement, la Ligue de Ndzouani s'est formée. Pour un premier temps, en partenariat avec la Fédération internationale de Tennis, j'ai envoyé du matériel (raquettes, balles, filets). Au menu bien entendu, la Ligue de Moili.
L'hécatombe créée par le covid-19 a entraîné la suspension des compétitions. La Fct est-elle concernée ?
ZMS : Naturellement, la Fct est concernée comme toutes les disciplines sportives du pays. Nous avons réagi très rapidement face au covid-19. Nous avons stoppé l’École de Tennis bien avant ainsi que les entraînements par équipe. Les compétitions, ainsi que toutes les réunions et assemblées, sont aussi suspendues, en attendant les consignes du gouvernement. Pendant cette crise pandémique, nous conseillons à nos athlètes de continuer à faire des exercices physiques, à garder un bon rythme de vie surtout.
Quelle est la place de cette discipline en Afrique de l'Est et dans l'Océan indien ?
ZMS : Compte tenu des moyens, nous ne participons que trop peu aux compétitions internationales, mais nous essayons d'honorer notre sport. Nous avons obtenus de très bons résultats au Botswana, au Kenya, à l'Ouganda, en Rwanda, ou encore en Tanzanie, lors des championnats d'Afrique. Cette année, nous avons triplé le nombre de victoires de l'an passé à ce même championnat : 17 matches gagnés au total sur 28 livrés, tous les sexes confondus. En clair, le Tennis comorien occupe une grande place en Afrique de l'Est surtout. Nous sommes, si je ne me trompe pas, le 3e sport populaire. Dans l'Océan indien, le Tennis est aussi bien représenté mais pas comme le football et le basket, etc.
L'avenir du tennis comorien est-il assuré ?
ZMS : C'est difficile de le dire pour l'instant car nos joueurs sont encore jeunes. Mais, nous sommes ambitieux. On se sacrifie pour cet objectif. Nous avions élaboré un programme d’entraînement durant cet été avec deux experts français pour un stage intensif d'un mois. Hélas !
A part la présence macabre du covid-19, quelles difficultés vit la Fct ?
ZMS : Notre fédération, comme sûrement la plus part des fédérations sportives comoriennes, souffre énormément de fonds. Sur place, nous pouvons assurer le fonctionnement. Mais pour les compétitions à l'extérieur, cela devient de plus en plus difficile d'assurer une présence effective aux compétitions, sans aucun accompagnement. Ce qui est d'ailleurs dommage quand on voit la qualité de nos joueurs comparés à des Nations comme le Burundi, le Kenya, le Rwanda, ou encore la Tanzanie qui mettent le paquet sur ce sport et qui n'ont pas forcément de meilleurs résultats que nous ».
Propos recueillis par Bm Gondet
'
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC