A l’arrêt depuis trois mois, le football manque de plus en plus aux amateurs du ballon rond. Compétitions suspendues, les joueurs ne sont pourtant pas totalement sans activités. Le jeune défenseur international comorien Salim Ali revient sur sa saison à Bonbon Djema, et de la situation actuelle liée au coronavirus. Ancien pensionnaire d'Apaches Club, le natif de Mitsamiouli suit avec attention la crise qui secoue le football de sa ville. Il répond à nos questions.
Question : Depuis le 23 mars, toutes les compétitions sont suspendues par mesure de prévention contre le coronavirus. Comment de passe ton quotidien ?
Salim Ali : On traverse actuellement une crise sanitaire dans le pays et cela affecte le football. On fait de notre mieux pour rester actifs. Avec mes coéquipiers, on essaie de garder la forme avec des entraînements individuels. On se lance aussi des challenges avec des exercices abdominaux, grainages et autres. Le club nous accompagne en nous offrant quelques matériels pour continuer de s’entraîner.
Question : Après six mois de compétitions, comment juges-tu ta saison avec Bonbon Djema ?
SA : Je peux dire que j'effectue une bonne saison. J'ai disputé presque toutes les rencontres, et je n'ai contracté de blessure significative. Sur le plan technique, à mon poste, le club reste avec la meilleure défense du championnat de Ngazidja. Avec aussi la meilleure attaque d'ailleurs. Et dans les grandes affiches, j'étais bien au rendez-vous. Je ne peux qu'être satisfait d'avoir aidé le club à réaliser des tels exploits
Question : Suivant l'évolution de la crise, la Ffc devra se prononcer sur une reprise ou une annulation de la saison en cours. Déjà qualifiée à la fois en phase nationale de D1 et Coupe des Comores, Bonbon Djema a peut-être une chance de s'offrir au titre national 22 ans après son sacre de 1998. Allez-vous avoir des regrets en cas d'annulation de la saison par la Ffc ?
SA : Quel que soit l'issue qui va être donné, je crois que le club et nos supporteurs seront fiers de nous. Il n'y aura aucune raison d'avoir des regrets. On peut mettre ceci dans le cadre du destin. Le monde entier est touché par cette crise et ce n'est pas seulement aux Comores que les compétitions sont suspendues. Pour notre part, les joueurs, nous avons tous donné et montré qu'on a bien mérité ce beau parcours. S'il arrive que la saison soit annulée, on prendra cela comme une source de motivation pour rééditer la même chose la prochaine saison.
Question : Ancien pensionnaire d'Apaches club, comment t'a suivi la saison de ton ancien club reflétant la crise que traverse les clubs de ta ville depuis déjà quatre ans ?
SA : J'ai eu à prendre part aux deux rencontres qui nous ont opposé à Apaches club cette saison. Il y a encore du potentiel à Mitsamiouli. On retrouve des jeunes talentueux. Ce qui manque est l'absence des joueurs d’expérience pour les aider à progresser. La plus part des joueurs expérimentés originaires de la ville évoluent pour la plus part dans les grands clubs de Moroni. Il y aussi une option qu'il faut tenir compte. Le football actuellement vient petit à petit dans le pays un moyen de gagner sa vie. Et il n'y a pas assez d'investissements à Mitsamiouli par rapport à ce qui se fait à Bambao par exemple. Ce qui fait que les jeunes talents de la ville s'aventurent ailleurs.
Question : Justement, on reproche aux jeunes originaires de Mitsamiouli d'un manque d'attache à la ville. Que vous n'aidez pas les clubs de la ville à traverser ces moments difficiles en rejoignant d'autres clubs. Quelle est ta réaction par rapport à ces reproches ?
SA : Pour la plupart d'entre nous, on a un statut international qu'il faut valoriser. Ce n'est pas qu'une question d'ordre financier. Pour espérer que l'on soit régulièrement appelé en sélection, il faut qu'on évolue dans un certain niveau. Dans des clubs compétitifs où l'on pourra se mesurer aux grands joueurs du pays. Sans se voiler la face, il n'y a qu'avec Bonbon Djema et Volcan club qu'on retrouve les meilleurs joueurs actuels de l'île. Tout jeune joueur aimerait un jour évoluer dans l'un de ces deux clubs. Jouer avec des joueurs comme Abdallah Allaoui (Duomed), ou Habib Youssouf permet de vite vous confirmer dans votre poste, de montrer ce que l'on a comme potentiel.
Question : Quels sont selon toi les raisons de la régression du football à Mitsamiouli ?
SA : Au-delà de l'aspect financier, cela est dû en partie par un manque d'organisation des clubs. Les jeunes aussi ne sont pas encore conscients de ce que représente le football dans cette ville. Ils n'ont pas encore acquis la culture de la gagne. Ils jouent juste pour le simple plaisir de jouer au foot. Ce que j’aurai aimé est que la ville fasse en sorte que des jeunes comme moi, Nassim Ali Mchangama, Ansifidine Assane et les autres puissent avoir des meilleures conditions pour progresser. Que l'on n'ait pas le besoin d'aller ailleurs pour trouver mieux.
Propos recueillis par Bm Gondet
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