La Gazette

des Comores

Fédération de Football des Comores (Interview) « Il y a des talents ici, mais ils ne veulent pas s’entraîner »

Fédération de Football des Comores (Interview) « Il y a des talents ici, mais ils ne veulent pas s’entraîner » © : HZK-LGDC

Triste. Le covid-19 est à l'origine de la suspension de toutes les compétitions. Quand le Malgache Tristani Noeli Abel était dans la Grande île, il était moins disponible pour encadrer des équipes. Mais, étant un technicien, il n'a pas croisé les bras. A ce titre, depuis deux saisons, il met sa compétence au service de Fomboni Club de Moili. « Bien sûr que nous sommes ambitieux. Nous travaillons beaucoup pour concrétiser notre rêve », explique notre interlocuteur, qui nous a accordé un entretien.


Question : Psychologiquement, comment vous sentez-vous sans compétition ?

 

Tristani Noeli Abel : Je me sens bien, et en parfaite santé. Un entraîneur doit maîtriser ses émotions et s'efforcer à affronter toutes les complexités.

 

Question : Combien d'équipes avez-vous entraîné à Madagascar ?

 

TNA : Il n'y avait pas eu beaucoup, parce que je suis un cadre d'entreprise en temps plein. Les principales équipes étaient l'Association sportive de l'université de Madagascar, et la Seimad Fc. Dans cette condition, touteffort pour élargir une marge d'action qui permettra d'assurer une courbe ascendante encourageante s'avère difficile.

 

Question : Comment avez-vous connu le football comorien ?

 

TNA : C'est à partir d'un ancien entraîneur de Fomboni Club, qui était mon co-entraîneur au Barea. Et à Moili, nous avons pu harmoniser nos visions, et concrétiser un contrat. Ici, j'exerce à plein temps. Tout se passe bien. Je n'ai pas des commentaires. Les résultats sont éloquents (Champion régional et national, détenteur régional de la Coupe des Comores, et actuellement leader régional potentiel, Ndlr).

 

Question : Quelle est la politique de base de Fomboni Club en termes de renforcement de l'effectif : développer un centre de formation ou se contenter de recruter des meilleurs joueurs locaux et/ou étranger ?

 

TNA : Je n'en sais pas trop. Mais, les valeurs des dirigeants en matière de beau jeu sont les miennes.

 

Question : Quel est l'objectif de votre équipe par rapport à la saison ?

 

TNA : La gloire totale : gagner le championnat et la Coupe de la Ligue. Mais, si on veut avancer, il faut travailler le noyau dur, c'est à dire les académies des jeunes. Actuellement, mon effectifutilise deux jeunes U17. La réussite doit être le fruit d'un travail de longue haleine et assidu, d'une ténacité et d'une conviction collective.

 

Question : La suspension des compétitions ne risque-t-elle pas de constituer d'obstacle à la concrétisation de l'ambition du Club ?

 

ANA : Cette suspension dérange tout le monde. Mais, elle est indispensable pour la santé de la communauté footballistique : joueurs, officiels des matches, staff administratif et technique, spectateurs, et j'en passe. Espérons que ça va reprendre pour le bonheur des footeux.

 

Question : Dans l'effectif de Fomboni Club figurent 8 Malgaches et vous, dont certains à double nationalité. N'est-ce pas un petit Barea à Moili ?

 

TNA : (un léger rictus), c'est l'épine dorsale de l'équipe.

 

Question : Ces derniers temps, les équipes comoriennes recrutent beaucoup des Malgaches, mais l'inverse est nul. Pourquoi ?

 

TNA : Le football comorien manque de cadres techniques. La formation des entraîneurs représente un des piliers essentiels d'une politique sportive nationale. Elle permet aux stagiaires d’acquérir les fondamentaux : connaissance du jeu, méthode de travail, et d’harmoniser les modes d’intervention pédagogique. Quant aux joueurs, il y a beaucoup des talents aux Comores, mais ils ne veulent pas s’entraîner. D'où le recours aux joueurs malagasy.

 

Propos recueillis par Bm Gondet

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.