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des Comores

Ibrahim Mze Mohamed : « Sans un accompagnement stable, le sport avancera à reculons »

Ibrahim Mze Mohamed : « Sans un accompagnement stable, le sport avancera à reculons » © : HZK-LGDC

Le patron de la Fcc, Ibrahim Mze Mohamed, décrit l'état de santé de l'instance qu'il administre, et brosse les activités de la saison, prévues dans son plan d'action, mais perturbées par la crise pandémique. Après la levée des mesures de restriction, il envisage de mettre en application un plan de relance ambitieux, salutaire et constructif. Mais, sans sponsor, et avec l'indifférence de l’État à accompagner le sport, peut-il concrétiser son planning ? Il répond à nos questions.


Question : Avant la pandémie du coronavirus aux Comores, votre fédération était-elle en activité ?

 

IMM : La Fédération Comorienne de Cyclisme (Fcc) devait faire d'abord le bilan de sa participation aux Jeux des îles de l'Océan indien, tenus à Maurice. Et par la suite, nous devions élaborer le plan d'action de notre institution, et plus particulièrement l'organisation de la Coupe des Comores. La phase finale nationale devrait avoir lieu à Fomboni, dans l'île de Djumbe Fatima. Hélas, le covid-19 est arrivé, tous nos projets sont tombés à l'eau.

 

Question : Île par île, la Fcc compte combien de clubs ?

 

IMM : Je pense qu'actuellement, on évalue à une quinzaine les clubs, affiliés à la fédération : Moili (2), Ndzouani (4) et (Ngazidja (9). Cette discipline olympique n'est pas assez développée ici, pour des raisons d'ordre financier. Mais l'absence d'une politique nationale pour le développement du sport en général, et le cyclisme en particulier. Une de mes priorités pendant mon mandat est de promouvoir le cyclisme en général, et le cyclisme féminin en particulier.

 

Question : Pendant cette période de passivité forcée, quel conseil la Fcc donne aux cyclistes ?

 

IMM : Le cyclisme est un sport à la fois individuel et collectif. J'ai exhorté mes athlètes de continuer à pédaler pour ne pas perdre le rythme. Nous comptons faire appel à tous ceux qui disposent d'un vélo pour venir courir, et réveiller ainsi le désir de pratiquer le vélo. La date de cet événement sera communiquée ultérieurement.  

 

Question : Après la levée des mesures de restriction, quel sera le plan de relance de la Fcc ?

 

IMM : Je l'ai souligné ci-haut. On avait déjà un plan d'activité annuel. Mais, la crise pandémique a tout gâché. On doit revoir ce planning et l'adapter en fonction du thème imparti. Le bureau exécutif doit se réunir ce mercredi 15 juillet 2020 (hier, ndlr), pour ensemble redynamiser le plan de relance. Le plus sage serait d'organiser dans les meilleurs délais l'édition 2020 de la Coupe des Comores. Cette action nous permettra de nous préparer pour les compétitions régionale, nationale et internationale.

 

Question : Dans le planning de la Fcc, figure-t-il des projets de formation et/ou des compétitions internationales ?

 

IMM : Il n'y a pas que notre pays qui est frappé par le coronavirus, mais le monde entier. La suspension des activités sportives a engendré des chamboulements des calendriers des formations et compétitions nationales et internationales, toutes les disciplines confondues. Le cyclisme ne fait pas exception.

 

Question : Généralement, quel genre de difficultés la Fcc ?

 

IMM : Notre fédération, comme les autres fédérations sportives du pays, connaît une situation financière très difficile. Elle n'est pas capable de prendre en charge son fonctionnement, et encadrer convenablement l'équipe nationale. Le manque de sponsor, d'accompagnement du ministère de la Jeunesse et des sports, donc de l’État, et surtout d'une politique nationale pour le développement du sport démotive les jeunes. Ils hésitent ainsi à s’intégrer dans les clubs, qui constituent un tremplin pour l’épanouissement du sport.

 

Question : Un message particulier ?

 

IMM : Mon dernier message consiste à s'adresser, d'abord, aux décideurs de bien vouloir accompagner le sport par l'octroi des moyens financiers, d'infrastructures sportives et de valoriser la pratique du sport, quelle que soit la discipline dans les établissements scolaires. Ensuite, à la jeunesse pour qu'elle s'inscrive dans les clubs, affiliés à la Fcc. Pour préparer les athlètes de demain et préparer en même temps les Jeux des îles de l'Océan indien, nous devons nous mettre en œuvre  convenablement, et à temps.

 

Propos recueillis par Bm Gondet

 


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