Impakty, présenté lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations est une marque née de la réflexion d’Ibrahim Hassani, jeune artiste comorien résidant en France. Crée en septembre 2025, avec des interfaces représentant les pays participants à la trente-cinquième édition de la CAN, Impakty est une œuvre qui représente l’unité et la solidarité africaine.
Question : Bonjour Ibrahim, pouvez-vous vous présenter ?
Ibrahim Hassani : Je m’appelle Ibrahim, je suis entrepreneur et créateur, fondateur de la marque IMPAKTY. Je suis Franco-Comorien, profondément attaché à l’Afrique et à ses cultures. Mon travail se situe à la croisée de l’art, du sport et du message social. J’essaie, à travers des objets du quotidien, de raconter des histoires, de provoquer des réflexions et de rassembler.
Question : D’où est venue l’idée d’Impakty, et pourquoi un ballon, et non une fresque par exemple ?
I.H : L’idée d’Impakty est née d’une volonté simple : créer quelque chose qui circule, qui voyage et qui touche le plus grand nombre. Une fresque est fixe, elle s’adresse à un lieu précis. Un ballon, lui, passe de pied en pied, de quartier en quartier, de pays en pays.
C’est un objet universel, compris par tous, et particulièrement en Afrique. Le ballon était le support idéal pour porter un message fort.
Question : Est-ce un projet purement artistique, ou cache-t-il une vision sportive, avec des ballons destinés à être utilisés sur les terrains ?
I.H : Impakty n’est pas un projet purement artistique. C’est un projet hybride. L’esthétique est importante, mais le ballon est avant tout fait pour être joué, pour vivre sur les terrains, dans les rues, dans les écoles. Je crois que l’art est encore plus puissant quand il est fonctionnel, quand il fait partie du quotidien.
Question : L’art, le sport et la politique sont imbriqués dans votre travail. Quel sentiment avez-vous après la finale et le déferlement de haine qui a suivi ?
I.H : J’ai ressenti beaucoup de contrastes. De la fierté, d’abord, de voir un objet porteur d’un message panafricain exposé à une telle échelle. Mais aussi de la tristesse face à certaines réactions. Cela montre que le football, comme l’art, agit comme un miroir : il révèle les tensions, les blessures, mais aussi les espoirs. Personnellement, je choisis de retenir le dialogue plutôt que la haine.
Question : Le football représente peu dans la vie des peuples. Les réactions que vous évoquez ne vous rendent-elles pas pessimiste quant à votre vision panafricaniste ?
I.H : Au contraire. Ces réactions prouvent que le football n’est pas anodin.
S’il déclenche autant d’émotions, c’est qu’il touche à l’identité, à la fierté, à l’histoire. Le panafricanisme que je défends n’est pas naïf : il reconnaît les fractures, mais il croit à la capacité du sport et de la culture à créer du lien, même imparfait.
Question : Si l’on devait finir sur une bonne note, laquelle choisiriez-vous ?
La bonne note, c’est que malgré tout, un simple ballon a réussi à faire parler, à questionner et à rassembler autant de personnes. Si un objet peut ouvrir une discussion à l’échelle d’un continent, alors le projet a déjà rempli une partie de sa mission. Et l’histoire d’Impakty ne fait que commencer.
Propos recueillis par Imtiyaz
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