Nous sommes à moins de deux ans des jeux des îles de l’Océan indien aux Comores. Et force est de constater que jusqu’à maintenant, nous sommes en train de naviguer à vue sur la préparation des athlètes, une condition sine qua non à la réussite des jeux sur le plan sportif. Ni le Coji-Comores, ni le Comité olympique et sportifs ne nous ont présenté aucun programme de préparation des athlètes locaux en vue de ces 12e jeux censés faire rentrer les Comores définitivement dans l’histoire sportive de la région. Un rendez-vous de la plus haute importance pour le pays sur le plan du prestige, mais tout aussi important pour les athlètes sur le plan comptable au niveau des médailles.
Selon certaines indiscrétions récoltées ici et là, le Comité olympique comorien s’apprêterait à envoyer des athlètes en République populaire de Chine en vue de peaufiner leurs acquis dans la perspective de ces jeux de 2027. Une bonne chose serions-nous tentés de le dire. Sauf que, jusqu’à ce jour l’on ne connaît pas les critères des athlètes qui seront sélectionnés pour ce périple en terre chinoise. Une question qui devient même lancinante aux yeux de certains responsables de fédérations « Au lieu de toujours privilégier une certaine visibilité à l’extérieur, le COSIC ferait mieux de voir ce qui se passe au niveau de ses fédérations. Envoyer des athlètes c’est bien, mais avec quels critères, quand on sait que la plupart des fédérations comoriennes n’ont pas de compétitions pour évaluer leurs athlètes » nous a confié un cadre du COSIC, qui trouve le procédé un peu déplacé par rapport au contexte comorien. Si l’analyse de notre interlocuteur est en partie vraie, elle soulève tout de même un certain nombre de questions, et une en particulier l’absence de compétition depuis des années pour des nombreuses fédérations.
En principe ce n’est pas au COSIC d’organiser les compétitions internes aux fédérations, il peut venir en appui, mais la politique de développement incombe à chacune des fédérations membres du COSIC. Faute de moyen, faut-il aussi le reconnaître la plupart de ces fédérations n’ont ni siège, n’en parlons pas de capacité financière d’organiser des compétitions de dimensions nationales censées réunir les meilleurs athlètes. Arriver à ce constat, la balle revient à l’Etat de définir sa stratégie de développement, du moins dans l’intervalle qui nous emmène jusqu’aux jeux de 2027. Quand on parle de l’Etat dans ce contexte, on parle du Comité des jeux des îles. Mais il faut l’avouer, que jusqu’à maintenant, il excelle plus sur l’organisation de conférences de presse et de visites des différents chantiers, que sur le ratio ludorum des jeux, qui est la préparation des athlètes, sans lesquels les jeux n’existeraient pas. A chaque sortie du COJI-COMORES, c’est un rendez-vous manqué avec lesquels athlètes. Jusqu’à ce jour nous n’avons aucune indication sur le budget des jeux, et non plus sur les fonds que l’Etat va consentir pour la préparation des athlètes. Des visites et des rencontres, qui au fond n’avancent en rien la préparation de nos sportifs. Pas plus tard qu’il y’a trois, quand une délégation de Play International a été reçu dans les locaux du COJI.
Dans une publication sur son compte le COJI explique, que l’objet de cette visite était de nouer un partenariat pour la vulgarisation des jeux dans les établissements scolaires. Encore une fois, une très bonne chose pour l’éveil des jeunes écoliers sur l’importance des jeux, mais qui n’est pas d’une importance capitale par rapport aux objectifs d’un pays qui organise les jeux pour la première fois. Pareille l’autre jour, quand le COJI avait réuni toutes les différentes parties prenantes à l’organisation des jeux, pour la présentation de son « Master plan trimestriel ». Au fond, rien de concret n’a été présenté, sauf que sur un communiqué, on nous dit que « Plusieurs décisions ont été prises, notamment sur le renforcement des capacités du COJI, les formations, les débuts des travaux du village des jeux », une phrase pleine d’ambiguïté qu’autre chose. En réalité, ni le COJI, ni le COSIC n’ont pas encore de politique de préparation pour les athlètes. Ils pensent au fond que les jeux c’est avoir des infrastructures flambant neuf, et oublient avant tout, que si l’on organise des jeux c’est aussi pour avoir des médailles.
Imtiyaz
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