La Gazette

des Comores

JIOI 2027 : Mayotte, une controverse plus symbolique que sportive

JIOI 2027 : Mayotte, une controverse plus symbolique que sportive © : HZK-LGDC

À l’approche des Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI) de 2027, prévus aux Comores, la question de la participation de Mayotte refait surface. Comme lors des précédentes éditions, le débat est relancé par une partie de la classe politique mahoraise, qui met en avant des considérations essentiellement symboliques, ravivant ainsi une polémique récurrente autour de cet événement sportif régional.


Récemment installée, l’Assemblée de Mayotte a engagé une série de consultations avec les acteurs concernés afin de déterminer si le territoire doit ou non prendre part à la 12ᵉ édition des Jeux. Une interrogation qui, pour de nombreux observateurs, dépasse largement le cadre sportif. Le fait que les Jeux soient organisés aux Comores, sujet sensible pour certains élus mahorais, semble cristalliser les tensions bien davantage que les enjeux liés à l’organisation ou à la participation des athlètes. Pour certains analystes, cette démarche s’apparente à une stratégie de diversion. Au lieu de répondre aux préoccupations quotidiennes de la population — notamment les difficultés persistantes en matière d’infrastructures, de services publics et de conditions de vie —, le débat sur les JIOI tendrait à entretenir une forme de confusion. D’autant plus que le règlement des Jeux est clair : conformément à l’article 7.2 du règlement intérieur des JIOI, « en toute occasion nécessitant l’utilisation d’un drapeau, Mayotte utilisera exclusivement celui des Jeux et n’arborera aucun symbole de l’État français ».

Entamées depuis le 15 janvier, les concertations se poursuivent sans qu’un consensus ne se dégage pour l’instant. « Il n’y a pas assez d’éléments pour prendre une décision immédiate. Les discussions doivent se poursuivre afin de clarifier les conditions d’organisation », a déclaré Elyassir Manroufou, conseiller de l’Assemblée de Mayotte, cité par Mayotte la Première. Du côté du mouvement sportif, le discours se veut plus pragmatique. « Une large majorité des élus est favorable à la participation de Mayotte aux Jeux des îles. Bien sûr, ce n’est qu’un début de concertation », indique Haïroudine Anzizi, vice-président du Comité régional olympique et sportif (CROS). À l’inverse, certaines voix politiques adoptent une position plus radicale. La députée Estelle Youssoufa a exprimé clairement son opposition sur les réseaux sociaux : « Non à la participation de Mayotte aux Jeux des îles aux Comores : notre drapeau et notre Marseillaise sont non négociables ». Une position extrémiste et isolationniste.

Habab Abdou-Moktar, secrétaire général de l’Académie mahoraise des talents sportifs, défend une approche centrée sur l’intérêt des athlètes. « C’est un événement qui n’a lieu que tous les quatre ans. Lors de la dernière édition, certains talents ont émergé, comme Raphaël Mohamed, qui a ensuite accédé aux Jeux olympiques. Se priver d’un tel rendez-vous serait préjudiciable pour les sportifs », estime-t-il. Avant même le lancement des consultations, la vice-présidente de l’Assemblée de Mayotte chargée des sports, Zouhouria Mouayad Ben, avait rappelé que la décision finale revenait au mouvement sportif, tout en soulignant un point sensible : le financement. « Si le mouvement sportif décide de participer, il le pourra. Mais la question essentielle reste celle du financement, le Département contribuant à hauteur de cinq millions d’euros », avait-elle précisé. Pendant que le débat se poursuit à Mayotte, le Comité d’organisation des Jeux des îles Comores (COJI-Comores) continue de son côté les préparatifs. Jeudi dernier, l’ensemble des parties prenantes s’est réuni afin de préparer la prochaine visite du Comité international des Jeux (CIJ), étape clé dans l’organisation de cette édition 2027.

Imtiyaz

 


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