La Ffc a un nouveau patron en la personne de Saïd Ali Saïd Athoumani. Mais, les sociétés qui travaillent avec l'instance restent les mêmes, et parmi elles, figure en position dominante la société Maana, celle qui habille l'équipe nationale des Comores, les Cœlacanthes. Votre journal, La Gazette des Comores/Hzk presse, s'est entretenu avec Ben Amir Saandi, le chargé des relations publiques de Maana, également membre du staff administratif des Cœlacanthes. Il répond à nos questions.
Question : La Ffc a un nouveau président. Comment sont les rapports de votre société Maana avec la nouvelle équipe dirigeante de cette haute instance du football ?
Réponse : Lors de notre séjour au Maroc, dans le cadre du stage du mois de mars pour affronter le Kenya, j’ai eu à échanger avec le nouveau président à ce sujet. Il voulait, à juste titre, connaître les termes contractuels qui lient la FFC à Maana. Je lui ai donc remis le contrat qui a été élaboré et remis au président Salim Tourqui pendant sa mandature et qui porte sur une durée de 3 années renouvelables. Seulement, le document est resté dans les tiroirs de la Ffc et n’a jamais été signé. Et à ce jour, nous attendons toujours le retour de la nouvelle direction.
Question : Selon vous pourquoi ce silence ?
Réponse : Il semblerait que la Fédération étudierait d’autres propositions d’équipementiers qui souhaiteraient habiller les Cœlacanthes. Ce qui n’est pas pour nous déplaire car l’un des objectifs de Maana était de susciter l’intérêt d’autres partenaires pour l’équipe nationale aussi bien en termes d’équipement que de marketing. Nous souhaitons simplement que la direction clarifie les choses le plus rapidement possible pour être fixé, car quoi qu’il advienne, nous sommes déjà très heureux d’avoir initié cette touche de professionnalisme qui manquait aux Cœlacanthes et j’espère que cela continuera ainsi avec ou sans nous.
Question : Et peut-on connaître les principaux termes du contrat qui vous lie à la Ffc ?
Réponse : Comme vous savez, il est très difficile aujourd’hui pour les nations africaines, hormis les ténors du continent qui participent régulièrement à la coupe du monde, de bénéficier d’un contrat équipementier qui les prend entièrement en charge sans contre partie financière. En général, en contrepartie d’un parrainage de l’équipe première sur les équipements, les équipementiers exigent que toutes les équipes nationales s’équipent avec leur marque en offrant un prix préférentiel à la Fédération et la possibilité de développer du merchandising. C’est d’ailleurs un modèle économique qui est aussi utilisé en Europe auprès des équipes amateurs et certaines équipes professionnelles qui ont une faible exposition médiatique. L’avantage de l’offre de Maana à la Ffc, c’est que nous nous sommes engagés à équiper gracieusement toutes les sélections de la fédération sans aucune contrepartie financière. De plus, Maana s’est également engagée à verser une subvention à la Ffc sur un pourcentage des bénéfices des ventes annuelles des produits parrainés. Pour l’heure, notre équipementier ne dégage pas encore de bénéfices mais nous espérons que ce sera le cas très prochainement avec l’ouverture d’une boutique officielle à Moroni.
Question : Maana, votre société équipe les Cœlacanthes, seniors et jeunes. Si ce n’est pas indiscret, peut-on évaluer l’intérêt que votre société tire de cette relation ?
Réponse : Il faut d’abord savoir que Maana a été crée pour répondre à un besoin qui faisait régulièrement défaut à notre sélection. Comme toute structure économique, son objectif est d’engendrer plus de recettes que de dépenses. Si ce n’est pas encore aujourd’hui le cas, nous sommes en bon chemin pour y parvenir dans les années à venir. Maana n’a que deux ans et demi d’existence et l’intérêt que notre société tire principalement de la relation avec la Ffc est sans aucun doute la notoriété acquise par le professionnalisme que nous avons pu développer et apporter aux Cœlacanthes. Beaucoup de personnes, notamment à la fédération, étaient sceptiques sur la viabilité de notre projet. Je pense que nous avons aujourd’hui prouvé notre savoir-faire même s’il y a encore de nombreux domaines où nous devons nous améliorer. Et nous y travaillons.
Question : Mais quand il s’agit des Jeux des jeunes de la Cjsoi (Commission de la Jeunesse et des Sports de l’Océan Indien), Maana est marginalisée. Le cas de Djibouti d’Avril 2018 illustre notre hypothèse. Pourquoi ?
Réponse : Il faudrait poser la question aux personnes concernées. Il est vrai que nous n’avons pas de partenariat avec le ministère des sports ni avec le Cosic mais nous aurions aimé, en tant que nouvel acteur dans le secteur qui a prouvé son sérieux, être consulté afin de faire part d’une proposition commerciale. Comme j’aime à le répéter, Maana est avant tout une marque comorienne à vocation utile et solidaire et j’invite les comoriens à se l’approprier. C’est pourquoi lors de mon prochain séjour aux Comores, je souhaiterai rencontrer les différentes instances sportives mais aussi les clubs, toutes disciplines confondues, pour que nous puissions lier des partenariats à court, moyen et long terme dans un esprit gagnant-gagnant, patriotique et solidaire.
Question : L’édition 2021 des Jeux des jeunes de la Cjsoi aura lieu à Maurice. Échappera-t-elle encore à Maana ?
Réponse : J’espère que nous aurons notre mot à dire en attendant il y a aussi les jeux des îles de 2019 où on peut apporter notre savoir-faire et pas que dans le football mais pour cela il faut qu’il y ait une volonté commune de vouloir travailler ensemble et faire grandir le sport comorien.
Question : Comment sont vos derniers rapports avec l’ancienne équipe de la Ffc après votre vive réaction, relative aux arriérés laissés par elle (Ffc) ?
Réponse : Nous avons gardé des rapports à la fois cordeaux et amicaux. J’ai vu régulièrement l’ancien Président Monsieur Salim Tourqui au téléphone car au-delà des rapports professionnels qui nous liaient nous avons développé des rapports respectueux. Le Président Tourqui est une personne que j’estime beaucoup pour ce qu’il a apporté au football et au pays et je lui en serai toujours reconnaissant. Cela ne nous a jamais empêché d’être en désaccord sur certains points. Concernant ma vive réaction relative aux arriérés, qui ne sont toujours pas honorés, elle était juste et personne ne peut le contester. On aurait pu traiter cette situation en interne comme nous l’avons toujours fait mais après la démission de l’ancien président, toutes nos correspondances étaient restées lettre morte aussi bien au niveau de l’instance intérimaire qu’au niveau du ministère des sports qui s’était substitué à la fédération pour prendre les engagements qui nous ont conduit à faire les avances nécessaires pour que le match contre Madagascar puisse avoir lieu. Maintenant nous espérons que les choses vont petit à petit rentrer dans l’ordre. Saïd Ali Saïd Athoumani a pris l’engagement de régler cette situation en priorité et il a prouvé son engagement lors du dernier rassemblement où il a commencé à éponger certaines dettes. Je garde donc bon espoir.
Question : Les résultats des matches des Cœlacanthes sont souvent, nuls ou échecs : quand pensez-vous dominer nos adversaires comme à Maurice ?
Réponse : C’est une question qu’il faudrait poser au coach Amir Abdou mais permettez moi de vous dire je ne suis pas d’accord avec votre analyse. Sur les six derniers matchs des Cœlacanthes (A) (contre Maurice (x2), Malawi, Mauritanie, Madagascar et Kenya), les Cœlacanthes n’ont perdu qu’une fois contre le Malawi, dans les conditions que vous connaissez, et ont enregistré deux victoires (Maurice, Mauritanie) et trois matchs nuls (Maurice, Madagascar et Kenya). Donc quand vous dites souvent des nuls ou des échecs, c’est faut vu qu’il y a plus de victoires que d’échecs depuis un an et demi. Et bien souvent, comme vous l’avez remarqué, nos adversaires sont bien mieux classés que nous au classement FIFA. De manière générale, depuis qu’Amir Abdou a pris les rênes de cette équipe nous sommes en progression constante et nous espérons avoir les moyens de continuer à Aller de l’avant.
Propos recueillis par Bm Gondet
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