La Gazette

des Comores

La suspicion de détournement de fonds s'avère sans fondement

La suspicion de détournement de fonds s'avère sans fondement © : HZK-LGDC

Les Jioi de 2015 ont coûté aux Comores environ 278 millions kmf pour sept jours. Le Coj, sous la présidence de Ibrahim Ben Ali, assurait la gestion du fonds. Un problème politique a poussé le pays à quitter les Jeux, après juste trois nuits. Sept fédérations pensent avoir été spoliées. Elles ont déposé plainte auprès du tribunal de Moroni contre Ibrahim, en mars 2019, pour détournement de fonds. Me Ali Abdallah Ahamed, avocat d'Ibrahim Ben Ali, évoque en vain l'exception procédurale, in limine litis. La délibération est fixée au 12 novembre 2020.


La couverture financière des Jeux des îles de l'Océan indien (Jioi), tenus à la Réunion en 2015 s'évalue à 278 millions kmf pour une durée d'environ une semaine. La gestion du fonds revenait au Comité d'Organisation des Jeux (Coj), patronné par Ibrahim ben Ali. La délégation mahoraise, qui n'était pas autorisée à défiler avec les couleurs de la France, ni entonner la Marseillaise, a fait fi de cette restriction, prévue à la charte de l’événement. Du coup, la délégation comorienne se retire des Jeux, écourtant ainsi de trois nuits son séjour. Des responsables de cinq fédérations sportives suspectent un détournement. Plus tard, une plainte est déposée auprès du tribunal de Moroni pour détournement de fonds et deniers publics. L'avocat du président du Coj, évoque l'exception procédurale, in limine litis, caractérisée par le délai de prescription, fixée à trois ans. Mais, en vain ! « Nous ne tenons pas compte de cette procédure », aurait fait comprendre le juge d'instruction en charge du dossier.

 

 L'avocat d'Ibrahim Ben Ali clarifie : « Le rapport de l'auditeur conclut que la gestion mise en cause est transparente. Je pense que l'accusation d'une malversation n'est pas fondée. On attend la délibération, le 11 ou 14 novembre 2020 ». Un audit réalisé par un cabinet indépendant n’a décelé aucune anomalie ni malversation dans les comptes du Coj. L'accusation du collectif des cinq fédérations, « non, deux seulement. Les trois autres se désolidarisent de la Lutte et du Tennis de table », coupe court le défenseur du patron du Coj. Certains sportifs pensent qu'elles s'étaient rendu compte d'une manipulation pour déstabiliser Ben Ali. 

 

« Arrivé à l'audience publique, coup de théâtre lorsque j'ai soulevé l'initiative prise par les autres fédérations qui se sont retirées de la plainte, conduite par Mazo Abdallah. Ce dernier a osé déclarer qu'il ne représente plus le collectif des fédérations, dont l'Athlétisme, le Judo, la Lutte, la Natation et le Tennis de table. Mais, il agit au nom du ministère car lors de ces Jioi, il était le chef de délégation », rappelle l’avocat de la défense.

 

Les Jioi ont eu lieu en 2015. « La plainte a été déposée quatre ans après, au-delà de la prescription. Mais ! », semble regretter Me Ali Abdallah Ahamed. Pour information, en procédure judiciaire, tout citoyen, victime d'une infraction, peut réclamer un droit en justice. Mais, au delà d’un certain délai, la procédure peut être rejetée. La délibération est attendue en novembre prochain.

 

Bm Gondet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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