La Gazette

des Comores

Maître Aticki, patron de la ligue de taekwondo : « Notre préoccupation : préparer des athlètes conquérants »  

Maître Aticki, patron de la ligue de taekwondo : « Notre préoccupation : préparer des athlètes conquérants »   © : HZK-LGDC

Maître Aticki est le patron de la Ligue de Taekwondo de Ngazidja. Il confirme qu'avant l'interdiction de tout regroupement, entre autres sportifs, pour cause de pandémie de covid-19, la discipline était dynamique. Les Taekwondoïstes ont bien animé les tatamis. Entraînement et compétition s'étaient succédé. Actuellement, ils supportent avec philosophie la passivité forcée. Il répond à La Gazette.


Question : Quel était l’état de santé de Taekwondo avant l’interdiction de tout regroupement ?

 

Maître Aticki : Le coronavirus a causé dans le domaine sportif et culturel de regrettables dégâts humains. La crise sanitaire a constitué un obstacle à la population en général, et à la jeunesse et aux sportifs en particulier, pour s'épanouir physiquement et psychologiquement. La discipline avait, dès le début de l’année 2020, commencé à placer ses organes décentralisés dans les îles, avec l’installation des ligues. Notre ambition, c'est de renforcer les capacités des clubs, afin de bien se préparer pour le championnat régional. C’est un élan qui prouve une motivation de la ligue de Ngazidja et de ses organes techniques. Mais, tout est freiné par cette crise pandémique. Dès l’annonce des mesures barrières, les clubs ont laissé de coté les activités par respect aux décisions des autorités et surtout pour notre propre protection. Mais, le taekwondo est un art martial ayant pour but de cultiver la souplesse, le calme, l'équilibre et la concentration, en gardant un excellent niveau de condition physique. Donc, même en plein confinement, nos athlètes bougent à domicile.

 

Question : Comment la période de la pandémie est vécue par vos athlètes ?

 

MA : Traditionnellement, nos athlètes s’entraînent en salle collectivement, pour plusieurs raisons : l’encadrement par les instructeurs, le travail en groupe pour la maîtrise des frappes. C’est important l’échange sur les tatamis, avec des collègues parce que cela replace l’athlète dans son environnement de combattant et favorise le retranchement aux principes des arts martiaux. Hélas, la pandémie de coronavirus a tout perturbé. Psychologiquement, cette période est vécue péniblement par chaque sportif. Elle a pratiquement coupé l’élan tant pour l’athlète que pour nous, encadreurs techniques.

 

Question : La Ligue de Taekwondo de Ngazidja a-t-elle pu mettre en application une partie de son plan d’action avant la passivité forcée ?

 

MA : Les activités se sont déroulées en majorité durant les vacances scolaires. Les mesures de prévention ont été prises  depuis mars 2020, pratiquement, nous n’avons pas pu avancer durant cette période, mais nous appliquerons, dès que possible, le plan d'action avec quelques réaménagements.

 

Question : Traditionnellement quel genre de difficulté se trouve confrontée la Ligue de Ngazidja ?

 

MA : Les difficultés sont nombreuses. La discipline attire moins des sponsors et les autorités pour accompagner les actions de la fédération, donc les activités des clubs. Ensuite, l’organisation interne devrait avoir le soutien du Comité Olympique (Cosic) ou du Ministère de la Jeunesse et des Sports mais cela n’est pas effectif. Ces derniers années, nous avons pu lever la difficulté majeure, liée avec notre partenariat avec le Kukkiwon, institution d’instruction basée à Séoul (Corée du Sud). On a vu  l’arrivée de plusieurs formateurs coréens aux Comores. Toutefois nos athlètes bénéficient de moins en moins de stage à l’extérieur. Le passage de grade à la Kukkiwon demande beaucoup de moyens et des déplacements. C’est  une lourde charge financière pour nos institutions, notamment la Fédération Comorienne de Taekwondo (Fct) et les Ligues insulaires.

 

Questions : Dans cette période difficile, quel conseil donnez-vous à vos athlète ?

 

MA : J’estime que chaque citoyen en général, et les Taekwondoïstes en particuliers ont réfléchi sur ce fléau du Coronavirus. La pratique du sport est parmi les facteurs qui permettent de  garder le corps sain. Donc, encourager l'entourage à pratiquer le sport même en famille est salutaire.

Et pour nos Taekwondoïstes, l’enseignement tiré de la pandémie est inscrit dans notre serment de rester persévérant face aux difficultés et de bâtir ensemble un monde pacifique. Tout regroupement n'étant pas autorisé, nous demandons à nos athlètes de rester actif individuellement, même à la maison. Ceci évite l'engourdissement des muscles.

 

Question : Une fois le Covid-19 disparaît, quelle sera la priorité de votre Ligue, et éventuellement de la Fct ?

 

MA: Notre priorité est de revoir les installations des clubs pour les désinfecter, et les rendre ainsi propres, accueillant et aptes aux entraînements et aux compétitions, sans le moindre risque de contamination de la pandémie du coronavirus, ou autre pathologie. Nous demandons aux communautés villageoises et aux mairies d’accompagner les clubs. Sur le plan sportif, un passage de grade sera organisé, et un tournoi est repoussé pour la fin de l’année.

 

Question : Les médailles que les Taekwondoïstes comoriens décrochent aux Jeux des îles de l'Océan indien ou dans tout  autre compétition internationale relèvent t-elle des médailles de performance ou d'assiduité ?

 

MA: Le Taekwondo n'était pas représenté aux derniers Jeux des îles de l'Océan indien. Certains de nos athlètes ont remporté des médailles de performance à l'occasion des Jeux de la Ligue Arabe. C'est vrai, il y a longtemps que nos Taekwondoïstes n’ont pas savouré les podiums  à l'occasion de prestigieux rendez-vous sportifs de la sous-région. La Direction technique nationale y travaille. Nous nous préparons pour les échéances à venir. Notre préoccupation a été toujours de présenter des athlètes, féminins et masculins, aguerris et conquérants »

 

Propos recueillis par Bm Gondet

 


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