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Interview / Soumette Ahmed, comédien et metteur en scène, sur le CCAC-Mavuna

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Interview / Soumette Ahmed, comédien et metteur en scène, sur le CCAC-Mavuna © : HZK-LGDC

Fondateur et président du Centre de Création Artistique et Culturel des Comores (CCAC-Mavuna), Soumette Ahmed, qui collectionne les récompenses, n'a de cesse de se battre pour une meilleure visibilité de la Culture aux Comores. Dans cet échange avec La Gazette des Comores et HZK-Presse, le comédien et metteur en scène est revenu sur le premier gouvernement du président fraîchement élu, particulièrement sur le sort du ministère en charge de la Culture.


Question : Dans le nouveau gouvernement d'Azali Assoumani, la Culture est détachée. Qu'en pensez-vous ?

 

Soumette Ahmed : Je tiens tout d’abord, au nom du collectif des artistes et en mon nom personnel à présenter nos félicitations à notre nouveau Président, Monsieur Azali Assoumani ainsi qu’à son nouveau gouvernement. Par rapport au détachement de la culture, il serait idéal et je ne désespère pas, qu’aujourd’hui il y ait une volonté politique pour la culture, c'est-à-dire que l’on vote un budget pour la Culture. Depuis cinq ans que le Ccac-Mavuna existe, il n’a reçu aucune aide financière, ni aucun accompagnement venant de l’État. Aujourd’hui, nous voulons que cela change. On est en 2016, les amis, qu’est ce qui a été fait ? Les discours c’est bien beau, mais ou sont les actions ? J’ose dire ici, ce que les autres pensent tout bas car je ne suis pas né pour subir. Mon combat pour mon pays, c’est la culture car un pays sans culture, c’est un pays en perdition.

 

Question : Quelles sont vos vraies attentes pour ce nouveau gouvernement ?

 

S.A. : La culture permet de valoriser le patrimoine immatériel et vivant d’un pays et participe aux dynamiques de tout son secteur touristique, notamment en termes d’image et de notoriété, mais aussi par les retombées commerciales et les événements collectifs. La culture permet de s’identifier à un territoire et d’en porter les projets collectifs et politiques, elle incite à s’investir pour ce territoire plutôt que de vouloir en partir absolument. Enfin, la culture est génératrice d’emplois propres concernant les artistes, les enseignants, les techniciens, les chargés de communication, les formateurs, les administrateurs… Autant d’emplois qui ne sont pas délocalisables et pourtant recyclables dans bien d’autres domaines économiques.

 

Question : Soyez plus concret

 

S.A. : Notre rêve serait que l’on puisse avoir un centre culturel digne de ce nom et nous pensons que c’est possible. Il suffirait d’une bonne volonté politique. Il est grand temps ! Le seul centre culturel qui existe, ou tout simplement qui résiste aux Comores, le CCAC-Mavuna, pourrait être aidé et accompagné par l’État par le biais du Ministère en charge de la Culture et la direction de la Culture. Je sais que  parmi les priorités du nouveau gouvernement est cité le développement du tourisme mais on ne peut pas parler du développement du tourisme sans parler du développement de la culture. La culture va nous aider à changer nos mentalités, nos manières et nos comportements.

 

Question : Quelle est la situation actuelle de la Culture dans notre pays? 

 

S.A.: Personnellement, je pense qu’elle est fragile et de plus en plus chaotique alors profitons de ce chaos pour en faire quelque chose. Friedrich Nietzsche disait : « C’est dans le chaos que naissent les étoiles montantes ». Nous avons beaucoup de jeunes talents dans nos îles, des jeunes qui ne demandent qu’à être formés des jeunes qui ont soif d’apprendre, il est primordial de les aider. La culture reste la force du lien qu’on peut avoir entre nos îles. Elle rapproche les gens et créé un climat d’amour pour son prochain.

 

Question : Quel serait votre message au nouveau ministre en charge de la Culture? 

 

S.A. : Monsieur le Ministre, avec tout le respect que je vous dois, si vous êtes nommé à la culture aujourd’hui, c’est que vous êtes la personne capable de lui apporter de l’oxygène et de lui redonner vie. Ne nous méprisez pas et ne nous ignorez pas. Les artistes comoriens et la jeunesse comorienne comptent beaucoup sur vous. Nous avons beaucoup résisté mais aujourd’hui, nous manquons totalement d’oxygène. Alors si vous ne nous apportez pas cet oxygène, on va s’asphyxier. La culture et la jeunesse mourront définitivement, et le pays avec…

 

Propos recueillis par Mohamed Youssouf

 

 


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